L'église St-James: Compton devra approuver la vente pour 1 $ au conseiller Jubinville

Construite en 1886, l'église Saint-James the Less voit son avenir se jouer... (La Tribune, Maryse Carbonneau)

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La Tribune, Maryse Carbonneau

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(COMPTON) Construite en 1886, l'église Saint-James the Less voit son avenir se jouer entre les mains du conseil municipal de Compton... ou du Bon Dieu. C'est ce que conclut le représentant du diocèse anglican de Québec, James Sweeny, après l'acceptation en juin d'une offre d'achat présentée par l'homme d'affaires et conseiller municipal de Compton René Jubinville.

Une offre d'achat a été déposée au montant symbolique de 1 $, excluant la cloche datant de 1847, les bancs, ainsi que les vitraux, dont certains sont en lien avec le King' s Hall. Comme ces vitraux font partie intégrante de la structure externe du bâtiment, une demande a été déposée au comité consultatif d'urbanisme (CCU) de la Municipalité de Compton afin de les retirer. «Soit la municipalité approuve notre demande et nous vendons le bâtiment après avoir retiré les vitraux, soit nous déposons une demande pour un permis de démolition qui nous permettra alors de procéder à leur retrait, explique M. Sweeny. Si le permis de démolition nous est refusé, c'est le Bon Dieu qui s'en occupera, car le bâtiment ne tiendra pas encore bien longtemps si rien n'est fait.»

Il est d'ailleurs prévu que les vitraux commémoratifs, ainsi que les autres objets exclus de l'offre d'achat, seront transférés au Bishop's College School où ils seront «protégés et respectés», notamment à travers une exposition en mémoire de l'église Saint-James et du King' s Hall.

Selon une évaluation sommaire des lieux faite en 2013 par l'architecte Rémi L. Petit, ce dernier avait recommandé la fermeture de l'église pour des raisons de salubrité et de sécurité. Certains travaux avaient alors été réalisés afin de ralentir la détérioration du bâtiment. «Rien ne sert de conserver une église dont on ne peut faire usage et pour laquelle nous devons assumer les frais d'assurance, rappelle M. Sweeny. Depuis trois ans nous travaillons avec un comité formé de citoyens de Compton afin de trouver une nouvelle vocation à l'église et le financement nécessaire pour assumer les travaux de réparation, mais sans succès. Nous avons aussi offert à la Municipalité de Compton de leur donner le bâtiment et le terrain, ce qu'ils ont décliné à deux reprises. En le vendant pour un montant symbolique à M. Jubinville, nous mettons moins d'argent à la banque, mais nous en retirons aussi moins, car les frais de démolition sont très élevés. La propriété est en vente depuis plus de trois ans. Si quelqu'un avait voulu faire quelque chose, il aurait dû agir.»

Aux dires de M. Sweeny, des échanges ont aussi eu lieu avec le nouveau propriétaire du King' s Hall, Roby Lefrançois, mais après réflexion il a choisi de ne pas acquérir l'église. C'est dans ce contexte que René Jubinville a présenté son offre. «En tant qu'homme d'affaires, j'y ai vu une opportunité. Il est certain qu'il va y avoir quelque chose là, mais il n'y a encore rien d'arrêté, car pour le moment je ne connais pas l'état exact du bâtiment. Je ne suis donc pas en mesure de dire si on perd notre temps à vouloir le réparer ou s'il y a quelque chose à faire, mais je n'y investirai pas 500 000 $ de mes poches.»

«Devant un fait accompli»

«Au moment où nous avons été informés de la vente de l'église Saint-James, nous nous trouvions déjà devant un fait accompli», déplore Jeanmarc Lachance, porte-parole du Comité sur l'avenir de l'église Saint-James, lequel est en transition pour devenir officiellement la Société du patrimoine de Compton. Dans une ultime tentative de renverser la vapeur, les membres du comité ont acheminé une lettre à Mgr Dennis Drainville du Diocèse anglican de Québec afin de «retarder les décisions entourant le retrait des éléments patrimoniaux et, si possible, la vente, ce qui permettrait au comité de se remobiliser, partage M.Lachance. Notre objectif étant d'adopter une résolution visant l'acquisition de l'église de manière transitoire.» Un délai que le comité évalue à court terme, soit avant la période hivernale, puisque les membres reconnaissent qu'il y a urgence en la demeure.

Une réponse de l'évêque est donc attendue, de même que le rapport du Comité consultatif d'urbanisme quant à la demande du retrait des vitraux, lequel devrait être déposé au conseil municipal de Compton en prévision de la prochaine séance du 11 août.

mcarbonneau@latribune.qc.ca

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