La CMQ donne le feu vert à l'inspection des rails

La Central Maine and Quebec Railway ne s'opposera pas à ce qu'une entreprise... (Archives La Tribune, Jessica Garneau)

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Tragédie à Lac-Mégantic

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Tragédie à Lac-Mégantic

Un convoi ferroviaire transportant du pétrole brut a explosé à Lac-Mégantic, le 6 juillet, faisant plusieurs morts et rasant la quasi-totalité du centre-ville historique de cette municipalité. »

<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) La Central Maine and Quebec Railway ne s'opposera pas à ce qu'une entreprise mandatée par la Ville de Lac-Mégantic procède à l'inspection des voies ferrées qui traversent ce territoire. C'est ce que l'entreprise a fait savoir à l'administration municipale, hier.

La Ville ne sera toutefois pas la seule à réclamer une telle inspection indépendante, a pu apprendre La Tribune. Le maire de Nantes entend faire de même et impliquer ses homologues de Frontenac et de Milan, tandis que Daniel Green du Parti vert du Canada incite les maires de toutes les municipalités traversées par des convois de matières dangereuses et de pétrole à exiger une étude de risques indépendante.

«Je pense que ça bouge, là», a réagi le Méganticois Robert Bellefleur, qui se démène depuis quelque temps pour alerter les autorités sur l'état de la voie ferrée. «On reçoit des appuis d'un peu partout. Les gens commencent à penser qu'on ne peut plus faire confiance aux organismes de contrôle comme Transports Canada pour assurer la sécurité des gens près des voies ferrées.»

Après que la Ville de Lac-Mégantic a fait part de ses intentions de demander une inspection indépendante la semaine dernière, M. Bellefleur a eu un entretien privé avec la mairesse Colette Roy Laroche vendredi.

Tout en saluant son courage politique, il estime qu'elle aurait pu prendre un chemin plus rapide pour rassurer sa population. «Elle aurait dû faire appel à la ministre (des Transports) Lisa Raitt pour qu'elle mandate elle-même un organisme indépendant ou même qu'elle confie un mandat spécial au Bureau de la sécurité des transports», fait-il valoir.

Or en mandatant elle-même une firme indépendante, la Ville s'est engagée dans un processus qui va durer plusieurs semaines, déplore-t-il.

Interdire les matières dangereuses?

Aussi, le citoyen réclame maintenant qu'on interdise le transport de matières dangereuses à Lac-Mégantic jusqu'à ce que les résultats de l'inspection soient connus. «Il peut circuler des matières manufacturières pour ne pas paralyser les industries de la ville, convient M. Bellefleur, mais pour ce qui est des matières dangereuses, ce n'est pas tenable maintenant que la population est alertée. La mairesse pourrait au moins le demander.»

Robert Bellefleur se garde bien par ailleurs de fonder trop d'espoirs sur l'inspection à venir.

«Il faut d'abord s'assurer de l'indépendance de l'entreprise qui va faire l'expertise, dit-il. (...)Je m'attends à ce qu'on constate qu'il y a des réparations urgentes à faire mais qu'avec toutes les mesures mises en place, on peut encore garantir que c'est sécuritaire de circuler. On va acheter un peu de temps.»

«L'étude, c'est une étape, reprend Robert Bellefleur. Il restera ensuite à exiger les travaux de réparation.»

À Nantes, le maire Jacques Breton suit de près le mouvement citoyen. Lui dont la maison voisine la voie ferrée se dit très inquiet pour la sécurité de sa population. Il se propose de faire front commun avec les maires de Frontenac et de Milan pour réclamer que l'inspection de la voie ferrée se fasse dans tout le secteur et pas seulement à Lac-Mégantic.

Enfin par communiqué émis hier, le candidat du Parti vert Daniel Green fait valoir que toutes les municipalités où passent des convois ferroviaires dangereux devraient exiger des études «qui couvrent l'ensemble des risques liés à l'augmentation exponentielle du transport des matières dangereuses. Cela signifie de prendre en considération les courbes, pentes, érosion, état des sols, rails, passages à niveau, etc. Et il faut tenir compte des nouveaux volumes transportés (...) Il y a une différence entre le passage de quelques trains de bois par semaine et deux trains-blocs de 120 wagons de pétrole par jour.»

À la Ville de Lac-Mégantic, les fonctionnaires sont à préparer les devis pour pouvoir lancer le processus d'appel d'offres. On ignore encore combien coûtera une telle inspection.

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