La renouée du Japon cause des cauchemars

Le terrain de Nicole Guimond est vert, luxuriant. Un amateur pourrait croire... (La Tribune, Christine Bureau)

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<p>Christine Bureau</p>

(Bury) Le terrain de Nicole Guimond est vert, luxuriant. Un amateur pourrait croire qu'elle a le pouce vert, mais ce n'est pas tout à fait le cas. Son terrain est envahi par la renouée du Japon, une coriace plante envahissante surnommée le bambou japonais. Bien qu'en apparence jolie, la plante est devenu au fil du temps un véritable cauchemar.

« Regardez! J'ai coupé ça hier. Ça repousse! Il n'y a rien pour les empêcher de pousser. Hier, j'ai tout coupé. Tout ça, c'est repoussé », s'insurge Nicole Guimond. Il y a 12 ans, elle n'avait pourtant aucune trace de la renouée du Japon sur sa propriété. Aujourd'hui, il faut se frayer un chemin à travers cette imposante plante pour visiter son terrain, littéralement envahi. « Ça se rapproche maintenant de mon champs d'épuration. Je ne sais plus quoi faire », déplore-t-elle.

Ce n'est pas faute d'avoir essayé. Nicole Guimond tente d'en arracher le plus possible, mais la renoué du Japon est tenace. Ses racines peuvent faire plus de trois mètres de profondeur. En largeur, elles peuvent aller jusqu'à 20 mètres, en plus de pousser de quelques centimètres par jour. Surtout, elle tue tout ce qui l'entoure, à la recherche de lumière. Elle a été observée à travers des fondations de maison, poussant à travers l'asphalte ou changeant le cours de certaines rivières. De petits fragments de tiges demeurés dans le sol peuvent suffire à lui donner un second souffle au bout de dix ans.

Pas de solution durable

Nicole Guimond est à bout de ressources. Les solutions durables n'existent pas. Même le glyphosate - un puissant herbicide communément appelé le Roundup - s'est montré impuissant. L'arracher peut fonctionner, mais il faut ensuite recouvrir la zone excavée pendant dix ans pour l'empêcher de reprendre vie. Et encore, ça ne fonctionne pas à tout coup.

En Colombie-Britannique, les autorités ont creusé à trois mètres dans le sol afin de s'en débarrasser dans un parc de la Sunshine Coast. L'année suivante, les plants ont doublé, racontait le Macleans le mois dernier.

« On me dit de creuser, mais je ne peux pas faire ça toute seule, moi. Je ne suis plus une jeune femme. Ça prend de la machinerie, ça coûte cher », soupire-t-elle. Mais jusqu'à maintenant, son appel est resté sans réponse. Même la Municipalité ne semble pas s'en soucier, selon elle. « Qu'est-ce que ça va prendre? Je suis découragée, je suis à bout », laisse-t-elle tomber.

Classée parmi les 100 pires espèces envahissantes de la planète selon l'Union mondiale pour la nature (UICN), la renouée du Japon est de plus en plus répandue dans le sud du Québec. Nicole Guimond affirme d'ailleurs en avoir vu à plusieurs autres endroits à Bury. « Ce qu'il faut, c'est qu'on s'aide. Que tous ceux qui sont pris avec le même problème s'aident. Qu'on fasse un bee, je ne sais pas, moi, mais qu'au moins, on fasse quelque chose! »

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