Lac-Mégantic: un long silence chargé d'émotions (photos)

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<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

(LAC-MÉGANTIC) Pour paraphraser une déclaration connue, on peut dire que le silence, c'est plein de cris dedans!

Pour paraphraser une déclaration connue, on peut dire... (Imacom, Frédéric Côté) - image 1.0

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Imacom, Frédéric Côté

Cela s'applique certainement au silence qu'ont respecté tous les participants à la sobre et significative manifestation de solidarité décrétée par la Paroisse Sainte-Agnès et la Ville de Lac-Mégantic, à midi lundi, en hommage aux 47 victimes de la tragédie d'il y a deux ans.

Il s'agissait d'une très longue minute de silence - qui en a réellement duré environ sept -, d'un silence opaque, douloureux, empreint de respect et d'émotions à fleur de peau. Le tout a commencé avec l'angélus, à midi pile, comme à tous les jours, mais déjà les gens en grand nombre dans le petit parc et sur le parvis devant l'église se sont tus, déjà envahis par l'émotion et le silence. Des personnes pleuraient, c'était émouvant, nul ne pouvait nier que ça venait le chercher à l'intérieur, d'une manière ou d'une autre.

«Je ne les appelle pas des victimes, mais plutôt des martyrs...»


À la fin de l'angélus, le curé Gilles Baril a pris brièvement la parole, disant que d'autres paroisses et municipalités, voisines de la MRC du Granit, mais aussi ailleurs au Québec, l'avaient appelé pour lui dire qu'elles emboîtaient le pas, avec un temps de silence, elles aussi, après l'angélus. « Puis il y aura 47 coups de cloches, en l'honneur de nos 47 chers disparus. Je ne les appelle pas des victimes, mais plutôt des martyrs... Et après ces 47 coups de cloches, il y aura une autre volée des cloches », a-t-il spécifié.

Chacun son timbre

À peine avait-il terminé que les 47 coups commençaient, une cloche à la fois, au timbre différent, comme pour marquer l'âge des victimes, les cloches au son plus grave pour les adultes et les personnes âgées décédées dans cette tragédie innommable, les cloches au timbre plus clair pour les enfants sacrifiés.

Les 47 coups de cloches, accompagnés d'un silence profond, émotif, ont commencé plus lentement, et, tranquillement, le rythme s'est accentué pour arriver à 47 vers 12 h 10. Et là a commencé une envolée magistrale des cloches jusqu'à 12 h 15, pendant un autre gros cinq minutes de silence de la foule, à toute volée, les cloches joyeuses, libératrices et salvatrices.

Puis le curé Baril a béni la foule, une jeune enfant dans les mains, Océane, un nom prédestiné pour ce grand signe de la croix qu'elle a tracé, par lui, dans les airs... Il a été applaudi chaudement par la foule, entourant la statue du Christ devenu célèbre depuis qu'il est apparu auréolé par le feu du pétrole.

« J'ai trouvé ça très émouvant, cette assemblée à l'extérieur, c'était impressionnant. On voit que les gens ont à coeur de se souvenir, de regarder en avant », a-t-il transmis au journaliste, pour conclure.

À ses côtés, le directeur de la SQ de la MRC du Granit, le lieutenant Daniel Campagna, en habit d'apparat, était resté au garde-à-vous et faisant le salut militaire, tout au long des minutes de silence. « C'est pour nous une forme de respect que l'on démontre pour la situation, ici pour les 47 victimes. Pour moi, c'est sans doute le cas de toute la communauté, je me sens concerné personnellement et professionnellement. Il faut apprendre à vivre avec ce qui est arrivé. Je tenais à venir souligner et participer à cette minute de silence! » a-t-il mentionné.

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