Des préposés aux bénéficiaires à bout de souffle

La présidente du Syndicat de la santé et... (La Tribune, Yanick Poisson)

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La présidente du Syndicat de la santé et des services sociaux d'Arthabaska-et- de-L'Érable, Lucie Gendron, et le vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN , Claude Audy, dénoncent la lourdeur de la charge de travail de leurs membres.

La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(VICTORIAVILLE) Les préposés aux bénéficiaires oeuvrant dans la MRC d'Arthabaska ont fait une sortie publique afin de décrier la lourdeur de leur charge de travail. Ils n'en peuvent plus que leur employeur se refuse à remplacer les travailleurs devant s'absenter.

« Nous avons sonné l'alarme en avril pour dire que ça ne fonctionnait pas, mais rien n'a changé. Nous voulons de l'information et des pistes de solution. Le personnel est essoufflé de travailler dans ces conditions », affirme la présidente du Syndicat de la santé et des services sociaux d'Arthabaska-et-de-L'Érable, Lucie Gendron.

Le ratio préposé-bénéficiaire souhaité est actuellement d'un sur six en temps normal. Le non-remplacement d'un travailleur fait en sorte qu'un préposé peut se retrouver avec plus de huit malades sous sa responsabilité. Le fait que cette situation soit courante rend les choses difficiles tant pour les préposés que pour les personnes qu'elles soignent.

« La première chose que les préposés doivent laisser tomber, c'est l'autonomie. On ne va pas marcher avec les patients et on ne les accompagne pas pour leurs besoins, la continence prend le bord. Puis, parfois, on passe droit pour les bains, ce qui n'est pas souhaitable », signifie le vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, Claude Audy.

Cette situation a évidemment des répercussions sur l'assiduité au travail. Éreintés par leurs journées de travail, des préposés prennent congé, mettant ainsi de la pression sur leurs collègues et ainsi de suite. Il devient également de plus en plus difficile de recruter ce type de ressources. Au cours des derniers mois, 27 des 84 préposés embauchés ont abdiqué après seulement deux jours de travail, constatant que les conditions étaient épuisantes.

« Ils doivent oublier les belles approches apprises pendant leur formation. Humainement, ce n'est pas ce que ces personnes voulaient faire lorsqu'elles ont choisi cette profession », continue M. Audy.

De mal en pis?

M. Audy craint que cette situation, qui prévaut depuis un certain temps, tende à se détériorer au cours des prochaines années avec les différentes annonces de restriction budgétaire. Le gouvernement a d'ailleurs annoncé des coupures de 34 millions $ dans la région Mauricie-Centre-du-Québec. On croit pouvoir faire des économies justement en évitant de remplacer des congés.

« On connaît le contexte et c'est inquiétant, admet le vice-président. C'est un travail qui est dur tant physiquement que psychologiquement. On estime qu'il y a des solutions et on est prêts à s'impliquer pour en trouver. »

ypoisson@latribune.qc.ca

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