Mégantic : la reconstruction, un petit pas à la fois

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Ronald Martel
La Tribune

(LAC-MÉGANTIC) «Dans les mois qui ont suivi la tragédie, on se disait que dans deux ans, le centre-ville serait reconstruit... C'était normal de le souhaiter. Deux ans plus tard, on s'aperçoit, avec du recul et en devenant réaliste, que ça va prendre de cinq à dix ans!»

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Colette Roy Laroche

Archives, La Tribune

C'est dans ces mots que la mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy Laroche, illustre la situation de la reconstruction dans le centre-ville sinistré.

Rappelons que le 6 juillet 2013, un convoi de 72 wagons-citernes contenant du pétrole brut du Dakota du Nord s'est ébranlé en pleine nuit, sans conducteur à bord, et a déraillé près du resto-bar Musi-Café au centre-ville de Lac-Mégantic. Le pétrole s'est aussitôt enflammé et a explosé. Une partie du centre-ville a été incendiée. Quarante-sept personnes perdront la vie, dont environ la moitié était âgée entre 20 et 40 ans. Il s'agit de la pire tragédie ferroviaire du Canada et d'une catastrophe environnementale sans précédent. Quelque 100 000 litres de pétrole ont notamment atteint la rivière Chaudière.

Deux ans plus tard, les plaies sont encore béantes à Lac-Mégantic, et ce, en dépit de tout le chemin qui a été parcouru par l'administration municipale.

«On est encore dans le nettoyage et la décontamination, avec un échéancier global à la fin septembre 2015. Nous pourrons ensuite libérer de petits secteurs pour des projets de véritable reconstruction en 2016. Pour ce qui est des urgences, on ne peut traiter ça en termes d'urgences. Car il faut prendre le temps qu'il faut et reconstruire pour les 100 ans à venir. Entre trop lentement et trop vite, il y a un équilibre à respecter. Chaque petit pas est important», admet Mme Roy Laroche.

Un exemple de petit pas? Le premier permis de construction a été délivré la semaine dernière à une citoyenne qui veut construire une résidence sur la rue Kelly, près du boulevard des Vétérans.

«La MRC travaille aussi très fort sur les plans pour reconstruire son nouvel édifice. Les petits pas, ce sont de petites victoires, l'une après l'autre», continue la mairesse.

Actuellement, quelles sont ses inquiétudes? Elle réfléchit un instant avant de répondre. «Trouver et susciter de l'intérêt chez des investisseurs pour des projets dans l'ancien centre-ville. D'où l'importance du Bureau de projets que nous voulons mettre sur pied pour accompagner les promoteurs. Il faut prévoir de la prospection, susciter des projets complémentaires aux commerces de la Promenade Papineau pour favoriser la survie de nos commerçants. Et composer avec le fait que l'équipe municipale régulière est à bout de souffle simplement avec ses activités normales, et que ça nécessite du support pour le grand projet de construction du centre-ville. Nous attendons une annonce autorisant le Bureau de projets et l'aide gouvernementale pour boucler son budget. Nous sommes très confiants.»

Ce Bureau nicherait dans la gare patrimoniale et informerait les citoyens et visiteurs sur les projets en cours, en plus de soutenir les promoteurs.

Un état de santé préoccupant

Une autre préoccupation de la mairesse est l'état de santé des citoyens de sa ville. «La question du recours collectif, en mai et juin, a ramené des émotions en rebrassant les aspects négatifs, ce qui a causé des rechutes. L'état de la population, c'est difficile à dire. On côtoie des gens, on pense qu'ils vont bien, ils ne laissent rien paraître. La vie a toujours des hauts et des bas. Tous ont été touchés, tous les citoyens, à des degrés différents. Les contrecoups viennent à des intensités et des temps différents. Nous avons une communauté fragile, nous devons prendre soin de tous, nos familles, nos voisins, nos collègues de travail. Nous restons en contact avec la Croix-Rouge et l'équipe psychosociale de rétablissement du CSSS du Granit. L'important, c'est qu'on ne soit pas seuls», insiste-t-elle.

«C'est difficile pour nous, dans l'ensemble. C'est difficile aussi pour le gouvernement parce que c'est du jamais vu. Les programmes gouvernementaux ne sont pas conçus pour l'urgence qui se prolonge. Cela demande des ajustements, de nouvelles réglementations pour Lac-Mégantic. Il faut faire les choses correctement avec l'appareil légal. Ça prend de la souplesse, et, avec le gouvernement, on y arrive avec le temps!»

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