20 000$ pour défendre la fluoration de l'eau

L'ancienne Agence de la santé et des services sociaux (ASSS) de l'Estrie a reçu... (Archives, La Tribune)

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<p>Christine Bureau</p>

(Richmond) L'ancienne Agence de la santé et des services sociaux (ASSS) de l'Estrie a reçu en 2012 une aide financière de 20 000 $ afin de « [maintenir] la fluoration de la Ville de Richmond et faire la promotion régionale de la mesure », révèle une lettre envoyée par le ministère de la Santé (MSSS).

L'argent doit servir à « l'élaboration de certains outils médiatiques », peut-on y lire. Ce montant de 20 000 $ s'ajoutait au budget de promotion déjà existant à l'ASSS, qui s'élevait en 2014 à 1,8 million $.

« Vu que c'était une activité spécifique, qui n'avait été planifiée, on a fait une demande au Ministère [...], ce qui nous permettait de réaliser les activités sans compromettre celles qui étaient déjà planifiées », explique le Dr André Lavallière, dentiste-conseil à l'ASSS. Il ajoute que le budget annuel de l'ASSS ne comprenait pas la promotion de la santé buccale et que du 20 000 $ octroyé par Québec, il en reste presque 10 000 $ qui n'a pas été utilisé.

En 2014, c'était au tour de l'ASSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, où le débat a également fait rage, de recevoir une telle aide, cette fois de 180 000 $.

Une aide dénoncée

À l'origine des demandes d'accès à l'information qui ont révélé ces informations, le Regroupement des citoyens pour une eau saine à Richmond déplore le manque de transparence et le « peu de souci d'équité » de l'ASSS-Estrie dans ce dossier. « En plus d'avoir de l'argent de Québec, ils nous ont bloqués dans nos efforts pour informer la population », mentionne son porte-parole, Richard Arsenault.

Il amène à preuve le refus de l'ASSS d'envoyer par la poste à la population un feuillet où figuraient les arguments des deux parties, pourtant une suggestion du Centre de santé et des services sociaux du Val-Saint-François, commente M. Arsenault. Le Regroupement a ensuite lui-même déboursé les 520 $ nécessaires à l'envoi postal du document qu'il avait préparé. « Nous gardons un goût amer en constatant le peu de respect qu'ont accordé le MSSS et l'ASSS-Estrie aux citoyens qui osent contester une politique gouvernementale », souligne-t-il.

L'ASSS réplique qu'il lui était impossible « éthiquement et professionnellement » d'envoyer un feuillet contenant les arguments du camp adverse, qui allaient « à l'encontre des données scientifiques et des positions de la Santé publique ».

Le Dr André Lavallière précise que l'aide financière demandée en 2012 l'a été en réaction à la création du Regroupement. « On voyait qu'à ce moment-là, ils étaient en train de préparer des activités de désinformation auprès de la population », estime-t-il.

Selon le MSSS, les aides financières octroyées en 2012 et 2014 sont « en continuité avec la Loi sur la santé publique », qui prévoit « que le programme national de santé publique doit inclure des actions pour inciter à la fluoration de l'eau ». L'aide de 180 000 $ versée en Mauricie inclut l'embauche d'une ressource en promotion de santé bucco-dentaire, ce qui explique la différence entre les deux montants d'aide, précise-t-on.

Richmond a cessé de fluorer son eau en mars dernier, après avoir tenu une consultation populaire. En 2015, six municipalités fluorent leur eau potable à travers le Québec.

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