État du lac Aylmer: de pire en pire

La qualité de l'eau du lac Aylmer a continué de se détériorer au cours des... (Archives La Tribune)

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Nelson Fecteau
La Tribune

(THETFORD MINES) La qualité de l'eau du lac Aylmer a continué de se détériorer au cours des dernières années à un point tel qu'au niveau trophique, le lac est passé au cours de la dernière décennie de mésotrophe à eutrophe.

C'est l'une des conclusions à laquelle en est venue l'étude menée par les spécialistes de la firme Naturive et commandée par l'Association des riverains du lac Aylmer. « Selon les résultats, le lac Aylmer a une classification globale d'eutrophe. Il y a 10 ans, il avait été classé mésotrophe. Il est important d'agir rapidement », peut-on lire au chapitre des conclusions et des recommandations.

Le président de l'ARLA, Daniel Poirier, et le biologiste Richard Châtelain logent à la même enseigne. « Au fil des trois dernières études en 2003, 2008 et 2014, on constate une dégradation pour la plupart des facteurs. Nous ne voulons pas être alarmistes, mais réalistes. La situation est récupérable, mais sur de nombreuses années, et ce, à la hauteur des interventions de tous. Il faut passer à l'action. Nous avons une bombe entre les mains, il nous faut la désamorcer », déclare le président de l'ARLA qui livrera son message lors de l'Assemblée générale annuelle, le 4 juillet prochain.

L'étude de Naturive comprenait des plans d'échantillonnage dans les 5 fosses principales du lac Aylmer de même que dans 9 de ses tributaires importants. La rivière Coleraine a été particulièrement ciblée alors que deux des cinq municipalités riveraines y déversent les eaux provenant de leur usine de traitement.

Par ailleurs, la rivière Saint-François constitue un apport essentiel à la bonne santé du lac et permet dans un large pourcentage le renouvellement de l'eau du lac 4,8 fois par année.

La quantité de phosphore déversée annuellement dans le lac est impressionnante. Elle a atteint plus de 2800 kilogrammes en 4 ans, de 2010 à 2013. Si le dossier des usines de traitement est le mieux documenté, il ne faut pas oublier d'y ajouter les 918 surverses et l'impact non évalué de l'activité humaine des 1450 riverains qui passe par les fosses septiques, l'exploitation agricole et les usines.

Pour MM. Poirier et Châtelain, l'une des pistes de solutions passe par la force du nombre. Actuellement, l'ARLA ne compte que 500 membres sur 1450 riverains. Pour Daniel Poirier, l'augmentation du membership augmentera la force de persuasion de l'organisme auprès des élus.

Les élus des cinq municipalités riveraines ont été rencontrés à trois reprises. « Nous avons un point de départ objectif commun. Les élus partagent nos préoccupations. Nous avons le sentiment d'avoir été pris au sérieux », d'estimer M. Poirier qui croit que ces échanges constructifs doivent se poursuivre.

La situation géographique du lac Aylmer est particulière : 5 municipalités riveraines, 3 MRC et 2 régions administratives.

« L'ARLA a une approche pragmatique et veut trouver des solutions pratiques. Cela pourra prendre plusieurs années. Il nous faudra être tenaces. Nous allons aussi poursuivre le cycle quinquennal de nos études, la prochaine étant prévue pour 2019. »

Directeur de l'organisme, le biologiste Richard Châtelain explique. « Devant le constat désarmant que, depuis 2008, aucun ministère ou organisme public n'avait de programme pour assurer le suivi de la qualité de l'eau du lac Aylmer et de ses tributaires, nous avons décidé de prendre la relève et d'établir notre propre programme d'échantillonnage pour connaître l'évolution à long terme de la qualité de l'eau et pouvoir intervenir pour en assurer le maintien ou le rétablissement. »

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