Une aide exceptionnelle pour la région de Coaticook en vue?

Pierre Paradis et Guy Hardy... (La Tribune, Maryse Carbonneau)

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Pierre Paradis et Guy Hardy

La Tribune, Maryse Carbonneau

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(COATICOOK) Suivant le décret ministériel fraîchement signé par la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, les sinistrés des inondations survenus la semaine dernière dans la région estrienne pourraient avoir droit à une aide financière particulière. C'est ce qu'a annoncé dimanche Pierre Paradis, ministre responsable de la région de l'Estrie et ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.

Accompagné du député de Saint-François Guy Hardy, du maire de Coaticook Bertrand Lamoureux et du maire de Compton Bernard Vanasse, M. Paradis a profité de sa présence en région afin de constater de visu les dégâts à Compton et Coaticook, de même que rencontrer les citoyens touchés par les inondations.

«La première constatation qu'il nous faut faire, c'est qu'il n'y a pas eu de pertes de vies, a tenu à souligner d'entrée de jeu Pierre Paradis. L'expérience de vie m'a enseigné qu'il y a quand même des perdants. Or, ce sont les biens essentiels qui sont compensés par le gouvernement et les gens s'attendent parfois à ce que d'autres biens soient compensés, ce n'est généralement pas le cas. S'il y a des cas particuliers, ils peuvent ensuite être analysés par le gouvernement. Tout le monde doit mettre la main à la pâte pour que ce ne soit pas l'individu qui paie l'entièreté de la facture. Ceci étant dit, ce n'est pas Loto-Québec. Les gens sont tous perdants dans cette situation. C'est une situation qui est triste, qui est dommageable et qui est appauvrissante, mais qui est tolérable.»

«Lorsqu'un bout de votre terre est parti, que c'est couvert de roches et que ce n'est pas cultivable pour les années à venir.»


En ce qui a trait aux dommages subis en milieu agricole, le gouvernement provincial entend recourir à un programme fédéral pour les cas particuliers qui ne sont pas couverts par l'assurance-récolte. «Lorsqu'un bout de votre terre est parti, que c'est couvert de roches et que ce n'est pas cultivable pour les années à venir, c'est le type de dommages que nous allons évaluer et pour lequel nous allons tenter de partager la facture avec le gouvernement fédéral», a affirmé M. Paradis.

Les étapes à venir, selon le ministre responsable de l'Estrie, sont de «rencontrer individuellement les gens, établir les dommages et voir quel pourcentage sera assumé par le gouvernement. Par la suite, acheminer les cas particuliers au gouvernement et faire en sorte que, malgré la situation financière un peu difficile, le gouvernement fasse preuve de la flexibilité nécessaire. C'est un cas de solidarité humaine!»

Des rencontres individuelles sont d'ailleurs prévues aujourd'hui avec des représentants de la Sécurité civile et de la Financière agricole du Québec. Les citoyens sinistrés qui avaient fait une croix sur une demande de réclamation à la suite de la rencontre d'information fort peu encourageante de jeudi dernier voudront sans doute réviser leur décision.

Compton: à défaut d'une aide, de l'entraide

Résidante du parc de maisons mobiles à la limite de Compton en direction de Coaticook, Rita Fecteau fait partie de ces citoyens qui ont appris, lors de la rencontre d'information tenue jeudi dernier, qu'ils n'auront droit à aucune indemnisation de la Sécurité publique quant aux coûts liés aux dommages causés à leur terrain suivant les inondations de la semaine dernière.

C'était avant l'annonce hier du décret ministériel signé par la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, et qui pourrait changer la donne pour certains d'entre eux. Ils en prendront connaissance aujourd'hui lors de rencontres individuelles qui se dérouleront à Compton et Coaticook.

«Pourquoi nous avoir dérangés pour nous dire qu'il n'y a rien à faire et que nous sommes responsables?» questionne Mme Fecteau, qui a assisté à la rencontre d'information pendant que son terrain reposait sous une couche d'une vingtaine de centimètres de boue entremêlée de débris. «J'étais tellement fâchée!»

Elle en recevra encore moins de sa compagnie d'assurances. Moyennant des frais annuels de 56$, elle croyait avoir droit à une indemnisation pouvant aller jusqu'à 10 000$ en cas de dégâts d'eau, mais ce qu'elle a vécu c'est une inondation. Or, les «inondations dues à la crue d'un cours d'eau ne sont jamais assurées», peut-on lire dans la brochure du Bureau d'assurance du Canada que les sinistrés ont reçu jeudi soir dernier lors de la rencontre d'information.

Dans sa malchance, Rita Fecteau avoue être privilégiée, sachant que le propriétaire du terrain où se trouve sa maison mobile, Yves Turcotte, lui a offert un coup de main pour enlever la boue. «Il faut que j'attende que ça sèche. Le sol est tellement détrempé que la machinerie ne peut pas embarquer sur le terrain, explique Mme Fecteau. J'ai l'électricité, de l'eau et on n'est pas en hiver, on va se consoler avec ça. Tout ce qu'on souhaite c'est le beau temps!»

Elle ignore toutefois à combien s'élèvera la remise en état de son terrain. Chose certaine, elle espère bien peu du gouvernement, et ce, malgré les efforts déployés par le maire de Compton, Bernard Vanasse.

Opération nettoyage

Yves Turcotte n'est pas seulement qu'un bon Samaritain, il est aussi propriétaire depuis 2007 de Cèdres des Cantons (anciennement Pépinière Sévigny), une pépinière de cèdres en pots adjacente au parc de maisons mobiles. De fait, le voisinage a eu droit à de nombreux pots, livraison express de Dame Nature! De fait, ce sont eux qui ont obstrué, entre autres, le cours d'eau traversant le parc.

Famille, proches, amis et employés étaient à l'ouvrage samedi matin afin d'extirper les pots intacts de la boue pour les transférer sur des bâches sèches, tandis qu'une pelle mécanique s'affairait à déblayer les débris et les sédiments à l'endroit où se trouvaient environ 600 pots de cèdres. M. Turcotte a d'ailleurs fait appel à la solidarité de gros clients afin qu'ils acceptent de prendre possession de leur commande le plus tôt possible, histoire de faire place au nettoyage.

«Tout le système d'arrosage est enterré et le filage électrique est brisé, partage Yves Turcotte. Le bordel! J'ai déjà eu des coups d'eau, mais majeurs comme ça, non. Ce qui compte, c'est qu'on soit tous vivants!» Bien qu'il se dise confiant d'avoir droit à une indemnisation à titre de commerçant, il devra toutefois lui aussi assumer les frais de nettoyage et de remise à neuf de son site. Il estime ses pertes à environ 20 000 $. La pluie de vendredi dernier ayant véhiculé à nouveau de la boue. «Un des problèmes, c'est que les terres agricoles sont drainées au maximum, ce qui fait une terre friable qui sèche rapidement. On comprend que les producteurs le font pour aider leurs cultures, mais dès qu'il y a une pluie, la terre suit la pente.»

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