Les champs des fermes Beaulieu et Wera encore sous l'eau

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Plusieurs champs agricoles de Compton, comme ici sur le chemin Drouin, ont été inondés.

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(SHERBROOKE) Comme à toutes les inondations qui surviennent en Estrie, les terres agricoles des fermes Beaulieu et Wera à Waterville se sont retrouvées sous l'eau.

Le propriétaire de la Ferme Wera, Richard Wera, estime avoir évité le pire puisque ses fraises poussent dans des champs qui n'ont pas été atteints par la crue des eaux.

« Il y a de l'eau dans mes chemins et dans les champs d'avoine et de céréales, mais pas sur les fraises. Les plants sont en fleurs et certaines variétés de fraises sont même en train de pousser. La récolte commence dans moins de deux semaines, alors nous avons été très chanceux. La situation n'aurait pas été drôle si les champs de fraises avaient été inondés. Présentement, nous avons beaucoup de travail, mais il n'y a pas de dommage pour nos récoltes », constate Richard Wera.

De l'autre côté de la route 147 à la ferme Beaulieu, l'eau a envahi la totalité du jardin de légumes.

« J'avais des laitues prêtes à être cueillies qui sont sous l'eau. Les haricots étaient en boutons et plusieurs pousses étaient sorties de terre. Je ne sais vraiment pas ce qui va arriver avec tout ça », se questionne Luc Beaulieu de la ferme du même nom.

Ce dernier avait entrepris son plan de semis à la fin avril afin d'assurer un approvisionnement continu et de qualité à son marché situé à l'intersection des routes 143 et 147 à Waterville.

« Je n'ai jamais vécu une situation où mes plants et mes semences se retrouvent sous trois pieds d'eau en juin. Est-ce que les graines vont pourrir dans les champs? Quels plants vont passer au travers? C'est la première fois que nous sommes inondés à ce temps-ci de l'année. Il est trop tôt pour savoir quelles seront les conséquences », relate Luc Beaulieu.

Richard Wera ne compte plus les années où ses champs ont été inondés par la crue des eaux.

« Pour moi, il n'y a plus de saison des inondations. Tous les mois sont propices à ce que ça déborde. J'ai vécu des inondations tous les mois de l'année autant en janvier qu'en octobre, mai, juillet ou avril », signale Richard Wera.

« Je n'ai pas eu le temps, ni la possibilité de faire le tour de mes terres, car certaines routes sont sectionnées et des ponceaux ont été arrachés, mais j'évalue mes pertes autour de 15 %, partage Jacques Blain, copropriétaire des Vallons Maraîchers, une ferme maraîchère biologique située sur le chemin Hyatt's Mills à Compton. Principalement des légumes racines, panais, carottes et betteraves, ainsi que des légumes transplantés qui ont été arrachés ou ensevelis. »

« J'ai aussi constaté beaucoup d'érosion. Comme on est en Estrie, on a beaucoup de pentes! On travaille aussi beaucoup le sol pour la culture des légumes, le sol est donc plus meuble et les cultures ne sont pas encore établies avec un bon système racinaire. Pour ce qui est du reste et avec la quantité d'eau que nous avons reçue, nous saurons s'ils vont passer à travers d'ici quelques semaines. » Ironie du sort, les pluies fréquentes enregistrées ce printemps ont retardé plusieurs semis qui, le cas échéant, auraient sans contredit contribué à augmenter les pertes.

Des dégâts dans les commerces du centre-ville de Coaticook

Une fois de plus, les commerçants ont assisté impuissants à l'inondation du sous-sol de leur commerce, dont plusieurs contenaient des dizaines de milliers de dollars en marchandises, denrées alimentaires et équipements.

C'est le cas du nouveau restaurant vietnamien Doko, lequel a ouvert ses portes au début du mois de mai et dont le sous-sol a été inondé du plancher au plafond. « Tous mes aliments sont transformés au sous-sol avant d'être utilisés en cuisine, explique Niko. J'ai trois congélateurs, une chambre froide, des équipements et toutes les denrées non périssables. Je prévois être fermé pendant au moins une semaine, mais vaut mieux maintenant que pendant Foresta Lumina! »

Pour d'autres, comme la boutique Accent Chaussures, la démarche risque d'être plus longue, le mazout s'étend répandu au sous-sol dégageant une forte odeur à travers la boutique.

«Au sous-sol, elle a dit définitivement adieu à sa marchandise d'hiver, les chaussures, bottes et sacs à main qui auraient servi à redémarrer la prochaine saison»


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 Mélanie Thibeault

Imacom, Jessica Garneau

« Une petite boutique dans une petite ville comme Coaticook n'a pas les moyens d'être fermée pendant une longue période, nous avons donc déjà trouvé un local pour nous permettre de nous relocaliser temporairement, partage la gérante, Mélanie Thibeault. Nous devrions être ouverts dès ce weekend. »

Au sous-sol, elle a dit définitivement adieu à sa marchandise d'hiver, les chaussures, bottes et sacs à main qui auraient servi à redémarrer la prochaine saison, des pertes qu'elle évalue à plus de 20 000 $.

Des dommages ont été enregistrés dans plusieurs autres commerces, dont le restaurant le Café Central, le Marché de la Vallée, Place Lefebvre et le Bar Salon Les Quatr'As pour n'en nommer que quelques-uns. Certains, comme le bar Le Baril, ont été plus chanceux.

Rappelons que le bâtiment original datant de 1841 avait dû être démoli en janvier 2014 suivant l'inondation causée par le ruisseau Pratt avant d'être reconstruit la même année. « J'ai eu vraiment peur, déclare la propriétaire, Jeannine Patry. L'eau s'est arrêtée à un pouce du seuil de la porte avant de se retirer. Je ne crois pas que j'aurais pu passer à travers d'une nouvelle inondation! »

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