Les vacances sous l'austérité

Qu'on le veuille ou non, le sac de voyage portera cette année le poids de... (Archives La Tribune, Jocelyn Riendeau)

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(Sherbrooke) Qu'on le veuille ou non, le sac de voyage portera cette année le poids de l'austérité. Si les Estriens ont toujours l'intention de s'offrir un moment de détente bien mérité cet été, ils semblent conscients des limites de leur budget.

« Les gens vont trouver un moyen pour voyager quand même, mais le budget pour le voyage est à la baisse », affirme la conseillère en voyages chez Club Aventures de Sherbrooke, Stéphanie Boisvert.

Constat similaire pour le propriétaire de Voyages Aqua Terra, Christian Dubreuil, qui souligne que ses clients sont « un peu plus conservateurs dans le choix de leur produit », et ce, malgré l'affluence qui est malgré tout au rendez-vous. Des observations symboliques de l'incertitude qui entoure l'industrie à l'aube des mois les plus importants de l'année.

Dans les centres d'hébergement et de santé comme le Spa Eastman, les craintes sont bien présentes.

« Dans les deux derniers mois, on a ressenti un certain ralentissement note la directrice marketing de l'établissement, Magalie Lajoie. Ça va quand même bien, mais on est craintif. »

Les politiques économiques sont d'ailleurs, à son avis, la principale cause de ce ralentissement.

Au centre de villégiature Jouvence à Orford, qui propose une offre d'activités plein air en plus de l'hébergement, l'impact de l'austérité s'est surtout fait ressentir auprès des réservations scolaires.

« Sur le plan scolaire, ça a un impact direct. Dès les premières rumeurs de coupures dans les commissions scolaires, les conseils d'administration ont mis le pied sur le frein, ce sont les premières choses qui sont coupées, soutient François Leduc, directeur général de l'établissement. Mais on ne voit pas d'impact actuellement sur les ventes du côté familial. »

«L'année a été longue à lancer, le froid n'a pas aidé, mais les affaires reprennent.»


Au moment où les budgets des ménages sont resserrés, M. Leduc croit que l'industrie récréotouristique doit se remettre en question et s'adapter.

« Il y a un ménage naturel qui se fait actuellement et ce sont les plus créatifs, innovants qui vont s'en sortir et qui n'auront pas trop de mal avec les politiques d'austérité », mentionne-t-il.

La restauration fortement affectée

Les restaurateurs de la région rencontrés évoquent unanimement les difficultés vécues par leur secteur depuis le début de l'année. En plus, du contexte économique peu favorable, la température froide n'a incité personne à sortir.

« L'année a été longue à lancer, le froid n'a pas aidé, mais les affaires reprennent, mentionne le chef Christian Fréchette du restaurant Da Toni. Les gens ont aussi changé leurs habitudes de vie, ils cuisinent plus à la maison. »

Selon le chef Alain Labrie de La Table du chef, s'il est vrai que les Québécois ont moins d'argent, c'est surtout l'omniprésence du spectre de l'austérité qui effraie.

« Tout le monde parle de l'austérité, alors les gens ont peur. Ils sont comme sur les freins. »

N'empêche, l'optimisme persiste. Malgré les difficultés, les chefs sont convaincus que la situation se rééquilibrera à plus long terme. « On attend que la tempête passe », commente M. Labrie.

« Je ne pense pas que c'est inquiétant pour l'Estrie, juge M. Fréchette. De plus en plus Sherbrooke se positionne bien côté gastronomie, des chefs ferment leurs restaurants ailleurs pour venir s'installer ici, c'est bon signe. »

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