Se bâtir une autonomie financière

Tout en veillant sur une marmaille de cinq... (Imacom, René Marquis)

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Tout en veillant sur une marmaille de cinq enfants, dont Alex-Ann que l'on aperçoit sur la photo, Marie-Hélène Berteau et son conjoint Alexandre Vallières croient pouvoir se construire une maison pour moins du tiers du prix du marché. Avant de lancer leur chantier, ils ont accumulé durant plus d'un an accessoires et matériaux achetés à prix d'aubaine.

Imacom, René Marquis

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

Comment répondre aux besoins d'une famille reconstituée avec un capital financier dilué et en tenant compte des contraintes de la garde partagée?

C'est le scénario avec lequel jonglent de nombreux parents séparés ou divorcés. Pour plusieurs, la solution passe par un étalement hypothécaire et le prolongement de paiements.

Marie-Hélène Berteau et Alexandre Vallières ont préféré emprunter une autre voie que celle du crédit à long terme. Ils croient pouvoir se construire une maison pour moins du tiers du prix du marché. Entre deux séances d'allaitement et avec une marmaille de cinq enfants de moins de sept ans, c'est du sport!

Le couple a redoublé d'ardeur cette semaine pour lever les murs, question d'être prêt pour profiter des bras des amis qui donneront un coup de main aujourd'hui pour poser les fermes de toit. Le squelette «de la maison de paille et de mortier des 7 petits cochons» sera alors monté. Ce sera quand même un tour de force de passer à travers tout ce qui reste pour habiter la campagne de Stukely-Sud à compter de la fin du mois de juillet.

Les Berteau-Vallières chassent le stress et la pression avec le rire. L'allusion au conte pour enfants des petits cochons n'est pas le fruit de mon imagination, c'est la page Facebook de la famille.

«Avant de se lancer là-dedans, nous avons magasiné les maisons. Nous n'arrivions pas à concilier ce que nous voulions avec la somme que nous étions prêts à investir», raconte Marie-Hélène, 32 ans, à qui le domaine de la construction était auparavant totalement étranger.

Ce n'est pas le cas de son conjoint Alexandre, 39 ans, qui a effectué des études en technologie du bâtiment et qui a déjà détenu une licence d'entrepreneur.

«Notre première motivation est de ne pas se menotter avec une grosse hypothèque. La société nous oriente vers un modèle. Ce n'est pas le seul», soutient-il.

Bien sûr, M. Vallières a des compétences que tous n'ont pas. Il affirme toutefois que quiconque est le moindrement éveillé peut économiser des dizaines de milliers de dollars sur les coûts de construction d'une maison.

«Si ton projet est un copier-coller d'une revue ou d'un catalogue, ce n'est pas nécessairement que tu vas payer trop cher. C'est sûr par contre que tu vas payer plus cher que si tu prévois et que tu fouilles. Faut être curieux, débrouillard et inventif.»

Le souci d'économies a commencé par le choix du terrain. La localisation comptait, mais le premier critère était la composition du sol.

«Nous construisons sur une dalle de béton plutôt que sur des fondations. Un sol qui se draine naturellement nécessite des installations sanitaires moins coûteuses. La préparation d'un terrain en milieu rural peut coûter jusqu'à 50 000 $. Dans notre cas, la facture n'atteindra même pas 7000 $».

La plupart des matériaux ont été achetés hors saison. Ce fut le cas des fermes de toit pour lesquels M. Vallières prétend avoir économisé 30 pour cent. Lavabos, toilettes, comptoirs ainsi qu'une multitude d'autres accessoires ont été acquis à prix de solde.

«J'ai vu passer des fenêtres commerciales sur internet qui valaient 2000 $ pièce. Je les ai obtenues pour 200 $. Nous avons loué un entrepôt. J'ai empilé du stock partout, sous des abris, dans mon cabanon et jusque dans notre salon.»

«Faut que tu sois prêt à vivre ces inconvénients», ajoute sa conjointe.

Mme Berteau a ses bottes de chantier et son tablier d'ouvrier. Dès que la petite Flavie - un bébé surprise âgé de quatre mois - accorde un peu de répit à maman, elle sort son marteau.

«Quand les enfants ont besoin, je lâche tout. Puis, je reviens. Ça m'encourage de voir les travaux avancer. En même temps, ça me fait découvrir les imprévus. J'apprends à gérer mon impatience et à voir les choses de manière plus réaliste», confie-t-elle.

Une forewoman qui parle ainsi, c'est une économie de temps... et de disputes!

La maison du couple sera construite avec la technique GREB et des ballots de paille pour l'isolation. Les chambres seront au rez-de-chaussée, sans autre recouvrement de plancher que le béton chauffant poli. Les pièces de vie seront à l'étage supérieur, qui offre un meilleur point de vue sur le mont Orford.

«Ce sera pratique, écologique et économique. J'ai eu deux estimations de coûts de 350 000 $. Nous n'atteindrons même pas le tiers de cela.»

«Y'a toute une question de compromis et de résilience. Après avoir rendu la maison habitable, ça nous prendra sûrement de 3 à 5 ans pour tout finaliser, avant qu'on puisse souffler, prendre des vacances et jouir pleinement de moments libres en famille. Je vous mentirais si je vous disais que je n'y pense pas. Ce sera notre récompense car, à cette autre étape de vie, nous ne serons pas pris à la gorge avec de gros paiements», renchérit Marie-Hélène Berteau.

Les 7 petits cochons travaillent tellement dur qu'ils dorment à poings fermés durant la nuit. Sans s'inquiéter du méchant loup ou des griffes du crédit.

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