Campus de l'UQTR: un projet qui présente d'importantes lacunes

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En 2014, le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, et la rectrice, Nadia Ghazzali, ont présenté le projet de campus.

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Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, tombe à bras raccourcis sur la direction de l'Université du Québec à Trois-Rivières relativement à son travail en général et à sa gestion du dossier du campus drummondvillois en particulier.

Dans son rapport, la vérificatrice note d'importantes lacunes comme l'absence d'un plan d'affaires, un suivi insuffisant auprès du conseil d'administration et le fractionnement de contrats afin d'obtenir des ententes de gré à gré. Elle met également en doute la justification pour l'UQTR de construire un tel bâtiment au Centre-du-Québec. Selon Mme Leclerc, le chiffre de 1045 étudiants avancé par l'Université et ses partenaires semble un peu trop optimiste.

La vérificatrice suggère qu'on ait également minimisé le fait que plusieurs étudiants migreront du campus de Trois-Rivières vers celui de Drummondville. Au total, on ne comptera pas beaucoup de nouveaux étudiants dans le réseau universitaire, prétend-elle.

Dans le cadre de son mandat, Guylaine Leclerc a vérifié 11 contrats de services professionnels accordés de décembre 2013 à mars 2014, dans le cadre de la construction du campus de Drummondville. Sa conclusion aura été que l'Université a procédé à du fractionnement de contrat afin d'éviter l'appel d'offres. Six de ces contrats ont été donnés à une même firme, pour un total de 266 000 $.

La vérificatrice a également blâmé l'UQTR pour avoir pris des risques dans la construction de cet immense bâtiment alors que sa situation financière était pourtant difficile depuis quelques années. L'équilibre financier du projet n'a d'ailleurs pas été démontré et deux des partenaires financiers (une entreprise et un organisme) ont finalement décidé de ne pas donner d'argent.

Mea culpa

La direction de l'UQTR a reconnu que l'échéancier adopté pour réaliser le campus a été très serré et s'est engagée à s'assurer que les projets de cette envergure soient appuyés d'un plan d'affaires plus détaillé. Toutefois, la rectrice Nadia Ghazzali, qui a été relevée de ses fonctions mercredi, a tenu à rappeler que le campus de Drummondville est un projet majeur qui permettra d'améliorer la scolarisation, les compétences, la rétention et l'employabilité des jeunes ainsi que la qualification de la main-d'oeuvre du Centre-du-Québec.

«Sa construction progresse selon l'échéancier établi dans le respect du budget alloué. Par ailleurs, soulignons que les acteurs du Centre-du-Québec ont largement appuyé ce projet de campus de l'UQTR sur leur territoire», soutient-elle.

Concernant les sommes d'argent promises qui n'ont pas été versées, le président de la Fondation de l'UQTR, Jean-Guy Paré, a expliqué que l'entreprise a été vendue et son engagement a été annulé, alors que la Conférence régionale des élus a été abolie par le gouvernement.

Le président estime que ce manque à gagner sera pallié par le succès de la campagne de financement populaire qui a récolté 8 millions $, soit 2 millions $ de plus que l'objectif.

«La volonté régionale de se doter d'un campus universitaire était si forte, et depuis si longtemps, que les engagements ont totalisé 8 millions $, rappelle Jean-Guy Paré. Comme les sommes effectivement engagées représentent près de 7 millions $, elles permettront évidemment de couvrir le déficit anticipé.»

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