Des attentes modérées chez les producteurs estriens

Pierre Paradis... (Archives La Voix de l'Est)

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Pierre Paradis

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<p>Christine Bureau</p>

(Sawyerville) Difficile de savoir ce que contiendra le rapport sur l'industrie acéricole du Québec commandé la semaine dernière par le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis. La nouvelle fait néanmoins réagir le Syndicat des producteurs acéricoles de l'Estrie qui, contrairement aux acériculteurs dissidents, ne voit pas sa nécessité.

Lors de son annonce, le ministre Paradis s'est dit «inquiet» quant à l'avenir de l'industrie acéricole québécoise, «qui continue de voir son rôle de leader mondial s'affaiblir».

«J'ai trouvé ça exagéré», lance d'emblée le président, Claude Roy. Selon lui, être un «leader mondial» se calcule de plus d'une façon. «Il a seulement vu que notre proportion sur le marché mondial avait diminué, mais il n'a pas vu que notre part sur le marché canadien avait augmenté. Ces chiffres-là, on n'a jamais eu l'occasion de lui proposer», clame-t-il.

Avec ses 43 millions d'entailles, le Québec reste le plus grand producteur mondial de sirop d'érable. La Fédération des producteurs acéricoles du Québec représente en plus un «levier économique» que les États-Unis n'auront jamais, avance M. Roy. «On est en train de travailler sur une promotion stratégique pour développer notre marché dans des endroits comme l'Angleterre, l'Inde. Eux sont loin de faire ça, ils sont plus individualistes», ajoute-t-il.

Il ne croit pas non plus que ce rapport apportera un changement du système de contingentement de la Fédération. «On donne des quotas quand il y a des marchés», mentionne-t-il. En 15 ans, le nombre d'entailles en sol québécois a augmenté de 30 %, rappelle pour sa part la Fédération.

Une enquête au lieu d'une étude

Steve Côté, un acériculteur de Sawyerville qui s'est fait saisir sa production à de multiples reprises par la Fédération, voit d'un bon oeil l'annonce de ce rapport.

«C'est sûr qu'on aurait préféré une enquête à une étude, mais c'est un pas dans la bonne direction», résume-t-il. Il croit au contraire que le contingentement est au coeur du problème.

«C'est ce qui arrive quand on laisse trop peu de liberté aux producteurs, il se développe d'autres marchés. Avec le contingentement, on est très limités. Eux, à la Fédération, ils disent qu'ils ont instauré un marché de gestion de l'offre pour stabiliser les prix. Mais nos voisins, eux, ils n'en ont pas de système de gestion de l'offre et éventuellement, ils vont finir par faire plus que nous», soutient M. Côté.

D'autres producteurs de l'Estrie sont eux aussi aux prises avec la justice pour avoir passé par un autre canal que la Fédération pour écouler leur sirop d'érable. Steve Côté espère que Florent Gagné, responsable de produire ce rapport sur l'industrie acéricole, entendra leurs doléances. «On est en première ligne dans ce dossier. On va essayer d'avoir un contact avec lui, c'est certain», note-t-il.

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