Une plante redoutable... et exquise

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À plusieurs endroits à Sherbrooke, notamment dans des rues résidentielles près du centre-ville, on peut apercevoir des pousses de renouée du Japon.

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(SHERBROOKE) La renouée du Japon est une plante envahissante qui peut s'infiltrer dans les maisons, pousser de 10 centimètres par jour et dont les racines s'étendent sur deux mètres de profondeur et douze mètres de longueur. Elle est de plus en plus présente pratiquement partout au Québec, mais pourtant, la moyenne des gens n'a jamais entendu parler.

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Depuis qu'elle a commencé à s'y intéresser, Janine Dupont, adepte de cueillette urbaine et propriétaire de l'entreprise Marcheur des villes, aperçoit la plante partout en ville et ailleurs en région. « On n'en parle pas, c'est ce qui me jette à terre. Ce n'est pas une priorité, on ne connaît pas les impacts. Pour moi, au début, c'était de la nature, point. C'est quand j'ai commencé à me renseigner sur les plantes envahissantes que j'ai compris leurs impacts », dit-elle.

En Angleterre, la prolifération de cette plante est un problème sérieux. « Des gens ont perdu jusqu'à 40 % de la valeur de leur terrain. Quand les entreprises font de grands projets, elles ajoutent 10 % de surcharge si le terrain a de la renouée. Et les compagnies d'assurance ajustent leurs tarifs en conséquence », donne en exemples Mme Dupont.

En plus de croître rapidement, la plante n'a pas d'ennemis naturels. Il est très difficile - voire pratiquement impossible - de s'en débarrasser : pour enlever de la renouée bien implantée, il faut faire de l'excavation.

Au Royaume-Uni, certaines lois encadrent les comportements concernant la renouée. Au Québec, il y a peu de programmes de lutte, souligne Mme Dupont. La Ville de Sherbrooke a produit un feuillet, qui toutefois « ne reflète pas l'urgence d'agir », dit-elle.

Un plan de lutte contre la renouée japonaise avait cependant été mis en place au bois Beckett en 2011 devant la prolifération de la plante.

Mais elle se trouve encore partout. « J'ai marché deux coins de rue l'autre jour pour voir et j'ai pris plein de photos de renouée. Elle est tellement vivace qu'il suffit d'un bout de tige ou de racine de la grosseur d'un ongle pour qu'elle reprenne racine! »

D'où l'importance, souligne Mme Dupont, de ne jamais jeter un plant dans le compost.

Manger l'envahisseur

En bonne amoureuse de la nature, Mme Dupont insiste pour dire que si la renouée est redoutable, elle est aussi... exquise. « Au Japon, on la cuisine depuis toujours dans les plats traditionnels », dit-elle.

« Ça se mange un peu comme de la rhubarbe, mais le goût est plus doux. On peut faire des tartes, des confitures, s'en servir dans des feuilletés, la manger crue ou cuite... on peut aussi manger les jeunes feuilles et les fleurs et faire de la tisane avec les racines! » dit-elle.

C'est d'ailleurs le bon temps pour ce faire; ce sont les pousses printanières qui sont intéressantes à consommer. Mme Dupont organise alors avec Marcheur des villes une journée spéciale samedi sur la renouée. Au programme : information et cueillette en avant-midi, et cuisine au centre communautaire de l'arrondissement Jacques-Cartier en après-midi.

« On est à une époque où on ne peut plus se mettre à saccager, il faut faire attention. Manger les plantes envahissantes, c'est plein de bon sens », dit-elle.

On peut s'inscrire en appelant au 819 919-5929 ou en visitant la page Facebook de Marcheur des villes.

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