Cinq fois plus d'électrochocs au Centre-du-Québec

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Yanick Poisson
La Tribune

(VICTORIAVILLE) Le comité Pare-Chocs déplore que les professionnels de la santé du Centre-du-Québec aient recours aux électrochocs près de cinq fois plus souvent que leurs semblables des autres régions sociosanitaires québécoises.

Des chiffres obtenus auprès de la Régie de l'assurance-maladie du Québec démontrent que l'hôpital Sainte-Croix de Drummondville et l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska de Victoriaville ont réalisé 1232 séances d'électrochocs en 2014, ce qui représente 5,1 électrochocs par 1000 habitants. La moyenne québécoise en semblable matière est de 1,06 par 1000 habitants.

« Ce qui se passe dans cette région tend à démontrer que le recours aux électrochocs est davantage fonction des croyances personnelles de certains médecins que de l'état de santé objectif des patients, estime Ghislain Goulet, porte-parole du comité Pare-Chocs. Les électrochocs sont fréquemment administrés à des personnes vulnérables, notamment à des femmes âgées ».

M. Goulet déplore que l'utilisation des électrochocs ne fasse l'objet d'aucune surveillance actuellement au Québec et estime que la procédure n'est pas aussi efficace qu'on le prétend pour améliorer la santé mentale de patients victimes de dépression réfractaire.

Des conditions favorables, une procédure efficace

Le directeur des services professionnels par intérim du CIUSSS, Dr Christian Vinette, voit d'un bon oeil qu'on ait pu traiter un aussi grand nombre de patients au Centre-du-Québec. Il explique cette situation par le fait que les centres hospitaliers de Drummondville et de Victoriaville ont des équipes psychiatriques complètes et qu'on y ait réaménagé les horaires de la chirurgie afin de faire plus de place à ce type de traitements.

« Nous avons besoin de place dans la salle de réveil pour les électrochocs et il y a une compétition entre la chirurgie et la psychiatrie pour ces places. Malheureusement, historiquement, la chirurgie prend le dessus sur la psychiatrie. Il y a trois ans, nous avons obligé les chirurgiens à réaménager leur temps afin de doubler le potentiel d'électrochocs », explique-t-il.

Le Dr Vinette précise que le traitement n'a rien à voir avec les scènes d'horreurs présentées aux petits et grands écrans. Il s'agit d'une procédure qui donne des résultats probants, raccourcit de façon importante le séjour à l'hôpital et qui est sécuritaire. En fait, l'anesthésie comporterait plus de risques en soi.

Le point le plus important selon le médecin, c'est que l'électrochoc n'est jamais administré sur un patient qui ne le désire pas ou qui n'est pas en mesure de prendre une décision éclairée. Les gens qui s'y soumettent le font en connaissance de cause et, la plupart du temps, dans leur intérêt.

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