De nouvelles aventures en Amérique du Sud pour Jean Bélveau

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Jean Béliveau a marché 1700 km en 75 jours entre la ville de Panama et la frontière de l'Équateur en Colombie.

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Yvan Provencher
La Tribune

(Asbestos) Il a traversé 64 pays et fait 75 000 km à pied durant un périple de 11 ans, sur cinq continents, pour promouvoir la paix et la non-violence aux enfants. Jean Béliveau dont les origines sont asbestriennes a récemment renoué avec son besoin d'aventure, cette fois lors d'une marche de 1700 km en 75 jours entre la ville de Panama et la frontière de l'Équateur en Colombie, marquant ainsi une étape supplémentaire dans son tour du monde.

«J'ai réfléchi souvent à ces zones dans lesquelles je n'ai pas pu marcher, soit pour des raisons administratives ou de sécurité. Ils étaient des déchirures. J'espérais un jour pouvoir relier sans interruption ma route originale, celle qui traverse les cinq grands continents. En octobre 2001, lors de ma grande marche, la Colombie était l'un des pays les plus dangereux au monde. On avisait les voyageurs de parcourir ce pays que par la voie des airs et de ne pas marcher dans l'extrême-est de l'isthme du Panama, le Darien, situé dans la région adjacente à la frontière Colombienne.»

Le 5 janvier dernier, Jean Béliveau a entrepris cette marche de la ville de Panama vers l'impasse où s'interrompt la route Panaméricaine, celle qui traverse les Amériques de l'Alaska à la Terre de Feu. Il a franchi cette zone surnommée Tapon del Darien «Bouchon du Darien». C'est une jungle sauvage exubérante à accès restreint réputée infranchissable à cause de ses marais et de ses montagnes, de groupes rebelles et paramilitaires.

Il a joint l'autre bout de cette route, à Turbo en Colombie, pour éventuellement traverser le début septentrional de la cordillère occidentale (le noeud de Paramillo), puis à proximité de Medellín vers Cali entre les cordillères Orientale et Centrale. Il a conclu sa marche dans le noeud de Los Passos, plus précisément à Ipiales.

Dormir au son des jaguars et des singes

«J'ai pu obtenir du Service national des frontières une lettre d'autorisation pour franchir le Darien, un privilège, car presque tout le monde est bloqué en raison du danger de ce passage. Il n'y a pas de route comme telle. C'était la partie la plus difficile et la plus dangereuse de ma marche, laquelle a duré un mois. Sans guide, je circulais dans cette jungle avec mon chariot à travers les arbres penchés ou brisés, y dormant en entendant les hurlements de jaguars et les jacassements de singes. Plus loin dans la jungle, j'y ai croisé des immigrants illégaux désireux de joindre l'autre Amérique, certains en train de mourir de faim.»

Pour rendre encore plus complexe son parcours, Jean Béliveau devait passer à travers divers points de contrôle et de vérification de la part de militaires et policiers. «Je n'avais pas de visa valide parce que j'avais passé la frontière illégalement en Colombie, n'ayant pas emprunté une voie normale. Je circulais donc illégalement dans le pays. La compréhension et l'aide de policiers m'ont été d'un grand secours, ils riaient même parfois de ma situation très particulière. Somme toute, j'ai été très chanceux!»

Maintenant, il marche au-delà du développement durable. «Ma mission est maintenant de promouvoir l'enveloppement durable, sain et vivant, le désir de s'envelopper de la nature et de notre propre nature humaine. La biodiversité saine pour les enfants, voilà une belle raison d'élever notre conscience à l'époque où nous vivons. Un symbole signifiant, une continuité de la décennie de l'UNESCO pour les enfants (2001-2010)». Il souhaite ainsi retrouver la source des valeurs humaines, le désir profond que tous ont de vivre en paix dans une nature en santé et un monde ouvert.

À son retour de son périple de 11 ans, Jean avait déclaré garder la foi envers l'humanité. «Malgré les guerres, la violence, je garde espoir. Il faut travailler là-dessus, se préoccuper de l'environnement. On aura jamais entièrement la paix, mais chaque pas vers la paix est important.»

Jean Béliveau était de retour au Québec le 28 mars dernier. Alors que la soixantaine frappe à sa porte, il rêve encore de nouvelles aventures dont des marches au Pakistan et en Libye, lorsque le contexte politique le permettra. «Kadafi m'avait refusé un visa en Libye, j'espère toujours m'y rendre un jour!»

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