L'arbre qui cachait les esprits de la forêt

Quand il est déménagé sur la rue King,... (La Tribune, Christine Bureau)

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Quand il est déménagé sur la rue King, à Richmond, Marc Chartrand a senti cet arbre l'appeler. Après 70 heures de travail, il a réussi à faire revivre des esprits de la forêt, visages et autres créatures fantastiques, transformant un vieux tronc d'arbre en une oeuvre d'art.

La Tribune, Christine Bureau

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<p>Christine Bureau</p>

(Richmond) Depuis qu'il est passé entre les mains de Marc Chartrand, le vieux tronc d'arbre sied au coin des rues King et Gouin, à Richmond, est méconnaissable. Armé de patience, l'artiste a travaillé le bois jusqu'à ce que des visages y apparaissent, certains qu'on reconnaît, d'autres surgis de son imaginaire. Un monde fantastique était né.

C'est lorsqu'il est déménagé à Richmond avec sa conjointe, sur la rue King, que Marc Chartrand a senti l'arbre l'appeler. Avec l'aval des propriétaires, il a amorcé son travail. Il lui a fallu  trois jours pour seulement enlever la pourriture. Puis, c'est son imaginaire qui a pris le dessus, un travail qui lui a pris en tout 70 heures.

« La seule chose que je savais, c'est qu'il y avait une branche qui montait plus haute que les autres. Finalement, j'en ai fait un éléphant. Il y a un dialogue qui s'installe entre l'arbre, l'outil et moi. C'est un dialogue, mais c'est à moi de faire que ça ne tourne pas à la chicane », fait valoir en souriant l'artiste originaire de l'Outaouais.

Ce n'est pas la première fois qu'il se laisse inspirer par la nature qui l'entoure. Quand il habitait en Outaouais, il arrivait parfois que des gens laissent sur sa galerie de vieilles souches aux formes particulières. Dans son salon, il a justement une lampe faite à partir d'une souche. Sa table de salon, il l'a aussi construite. Sous la vitre, on trouve du sable dans lequel on peut jouer ou tout simplement glisser ses doigts. Une autre oeuvre originale signée Marc Chartrand.

Mais il y a aussi la valise sur pieds et tous les autres meubles sur lesquels il a brûlés des dessins de ce monde fantastique qui lui est propre. « J'ai un côté ludique, c'est sûr. J'aime aussi mêler l'humain et l'animal, ce que j'appelle l'humanimalité », raconte-t-il. Comme il a du sang amérindien, c'est une culture qui l'inspire. Le reste du temps, il laisse les esprits de la forêt venir à lui. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé pour le tronc d'arbre de la rue Gouin, une histoire qu'il a acceptée de transcrire dans une légende.

« Avant que soient construites les maisons ici, il y avait un ravin et une source. Beaucoup d'animaux y vivaient. Quand ils ont entendu parler qu'on allait détruire la forêt, ils se sont demandés : qu'est-ce qu'on fait? On se laisse entraîner? L'arbre leur a répondu : si vous cherchez une place où rester, venez en moi », résume-t-il.

« Les esprits de la forêt, ça ne les embête pas de vivre dans un arbre. Tout ce que j'ai fait, moi, c'est de porter attention. Ils voulaient se faire révéler, et c'est ce que je leur ai permis de faire. »

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