Patricia Gauthier: «On n'aura jamais une autre opportunité comme celle-là»

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Patricia Gauthier

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) À première vue, la réorganisation du réseau de la santé en Estrie ne fera pas trop de victimes parmi les gestionnaires en poste, à la condition qu'ils se montrent enclins à relever de nouveaux défis.

« C'est une belle opportunité de placer la meilleure personne au meilleur endroit possible », s'enthousiasme d'emblée Patricia Gauthier, présidente-directrice générale du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Estrie-Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. « On n'aura jamais une autre opportunité comme celle-là. »

Une semaine après la naissance du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, mercredi, Mme Gauthier a accepté de dévoiler un peu des cibles à atteindre pour optimiser l'administration du réseau estrien selon les paramètres fixés par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Ainsi, en Estrie, le ministre Gaétan Barrette vise une diminution du taux d'encadrement de 37 personnes, pour atteindre autour de 565 cadres.

Près de la moitié (293) des 600 cadres actuels ont par ailleurs vu leur poste aboli dans la nouvelle structure, parmi lesquels 200 ont demandé à être replacés dans d'autres fonctions. Les 93 autres sont en affectation par intérim qui prend fin ou ont annoncé des départs à la retraite ou des départs volontaires qui se concrétiseront d'ici un an.

«On sait déjà que ça va être une année difficile au niveau du budget.»


Le réseau aura donc théoriquement 93 chaises vides là où elle doit en libérer 37, met en perspective Mme Gauthier.

Le hic se situe au niveau des compétences des gestionnaires qui restent. « Notre problème est peut-être moins important qu'on pourrait penser, dit Mme Gauthier, mais en même temps, s'il me reste 10 cadres dans le secteur des finances alors que j'ai besoin de 3 ou 4, il faudra que je replace ces six personnes-là ailleurs sur des postes vacants qu'il faudra absolument pourvoir, et pas nécessairement en finances. A priori, c'est ce que je vois comme problème. »

Difficile de pousser plus loin les projections à ce moment-ci, soutient-elle, puisque la cible de réduction des cadres n'a pas encore été répartie dans l'ensemble des directions. En finances, pour suivre le même exemple, le directeur des ressources financières a été nommé mardi et entrera en poste le 4 mai; ce n'est qu'après qu'on définira les besoins.

Trop tôt aussi pour dévoiler les objectifs de compressions budgétaires fixés pour la région, dit Mme Gauthier, qui connaît l'ampleur du défi financier de la prochaine année, mais qui souhaite le communiquer d'abord à son équipe.

« On sait déjà que ça va être une année difficile au niveau du budget, admet-elle toutefois, puisque notre taux d'indexation a été diminué de moitié (d'environ 4 % à 1,4 % selon le dernier budget provincial).

« Et le défi financier ne sera pas seulement du côté administratif, prévient Mme Gauthier. C'est sûr qu'il faudra faire de la gymnastique pour ne pas brimer l'accessibilité aux soins et soutenir les équipes en place. On aura beaucoup de pain sur la planche et pas juste pour la prochaine année, mais pour les prochaines années. C'est fini les ères de développement. La santé ne pouvait pas continuer à progresser à un rythme au-dessus du coût de la vie. »

La gestionnaire se montre toutefois optimiste sur l'issue de la réforme.

« C'est sûr qu'il y a aura moins de cadres en bout de piste, inévitablement, mais par rapport à la dernière réforme où il n'y avait pas eu de cibles d'identifiées, dans celle-ci on en a. Et on a la latitude d'y voir à la lumière du territoire qu'on a à couvrir, du type d'organisation que nous avons, d'un CHU qu'on a à l'intérieur de notre territoire et qu'il n'y a pas dans les autres territoires... Il faut qu'on puisse trouver le moyen de faire autrement. »

Pour y arriver, Mme Gauthier a par ailleurs invité ses directeurs généraux à participer à la définition de la mission de cette nouvelle structure, qui devra tenir en une seule phrase qui sera affichée dans les milieux de travail et qui ralliera les troupes. « Avant qu'on puisse reconstruire, il faut s'entendre sur le but qu'on va chercher à atteindre. Il faut donner un sens à cette réforme, à ce qu'on veut faire, et il faut y croire. »

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