Le DG du CSSSAE claque la porte: «Il n'y a plus de place pour moi»

Claude Charland... (La Tribune, Yanick Poisson)

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Claude Charland

La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(VICTORIAVILLE) Insatisfait de ce que lui réservent les changements associés au projet de Loi 10, le directeur général du CSSSAE, Claude Charland, a annoncé sa retraite, mercredi en fin de matinée. Et il en avait lourd sur le coeur.

« Pour une raison que j'ignore, ce n'est pas l'ensemble des DG qui ont été consultés ou informés de la suite des choses. L'information nous vient au compte-gouttes, déplore-t-il. L'essentiel de la transformation actuelle a probablement des fondements bénéfiques pour tout le réseau, mais c'est dans la manière dont c'est fait que je ne trouve pas de sens ».

Selon le gestionnaire, le nouvel organigramme du secteur de la santé ne comporte que bien peu d'opportunités pour un généraliste comme lui. Désormais, les cadres seront invités à travailler en silo en fonction de leurs champs de compétence. À part les postes de directeur général et directeur général adjoint du CIUSSS nouvellement formé, il n'y avait que bien peu d'options qui pouvaient lui seoir.

M. Charland s'est vu offrir quelques mandats, dont celui de gérer le département informatique de la nouvelle entité géante, mais il avait des maux de tête juste à l'idée d'avoir à se rendre à Trois-Rivières plusieurs fois par semaine. Il avait à coeur le développement des services dans les MRC d'Arthabaska et de l'Érable et il aurait souhaité pouvoir continuer d'y voir.

« À titre de dirigeant, j'ai toujours été au coeur des orientations, fait miennes les grandes transformations, car j'étais impliqué respecté, informé et consulté. J'avais un pouvoir d'influence, d'innovation et de créativité. Dans le nouveau réseau, le travail avec les partenaires, il n'existe pas. Je ne peux pas accomplir les ordres venant d'en haut sans en comprendre le sens. Loyauté, oui; obéissance, à l'occasion; soumission, jamais », poursuit-il.

Si le Centre-du-Québec avait son CISSS « on n'en serait pas là »

Contraint au silence par ses fonctions au cours des derniers mois, Claude Charland n'a pas hésité à appuyer la démarche des maires de Victoriaville et Drummondville, Alain Rayes et Alexandre Cusson, relativement à l'obtention d'un CISSS au Centre-du-Québec.

Il estime que cette façon de faire n'aurait pas représenté de coûts additionnels pour le ministère de la Santé et aurait permis de maintenir un service de proximité dans la région.

« S'il y avait eu un CSSS ici, on n'en serait pas là. On aurait conservé une relation de proximité avec nos gens. J'ai rencontré Gaétan Barrette en début de processus et je peux dire que jamais il n'aurait accepté une telle proposition, même si nous nous étions prononcés », explique-t-il.

M. Charland se retire du système de santé après 30 ans de loyaux services, mais il n'a pas l'intention de prendre sa retraite de la vie active pour autant. Il entend prendre quelques semaines de repos avant de se lancer de nouveaux projets.

Interrogé à savoir si la politique pouvait l'intéresser, il a indiqué qu'il continuera de s'impliquer dans sa communauté et qu'il ne fermait aucune porte, laissant entrevoir qu'il pourrait se présenter à la succession d'Alain Rayes advenant que ce dernier fasse le saut en politique fédérale.

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