Raymond Lafontaine: « Ça ne nous redonnera jamais ce que nous avons perdu... »

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Raymond Lafontaine

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<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

(Lac-Mégantic) « Je suis content de voir que ça bouge, que les familles puissent être dédommagées un jour... Ça ne nous redonnera jamais ce que nous avons perdu. Trouves-tu ça normal qu'on gaspille des millions pour dépolluer et que les humains n'ont rien eu à date? Car quand on dépollue ici, on pollue ailleurs. L'environnement, c'est une vraie religion. Le dieu Environnement est plus important que les humains qui n'ont rien eu! »

C'est dans ces mots que l'homme d'affaires Raymond Lafontaine, de Lac-Mégantic, a commenté, avec beaucoup d'amertume, la nouvelle à propos d'un plan d'arrangement qui a été proposé par le syndic Richter, qui s'occupe de la faillite de la MMA Railway, à la suite de la tragédie de juillet 2013 à Lac-Mégantic.

Ce plan annonçait, il y a deux jours, que les familles qui ont perdu des proches pouvaient espérer bénéficier d'un fonds d'indemnisation de 70 millions $, leur donnant droit chacune à un montant pouvant aller de 500 000 $ à 5 millions $, selon le nombre de victimes par famille. « Pour les enfants, c'est correct! », réagit M. Lafontaine qui, rappelons-le, a perdu son fils Gaétan, deux brus et une employée dans la tragédie.

« Ça m'a aussi coûté une séparation. Ma femme n'en pouvait plus. Ça a brisé ma vie à 200 pour cent. Ça a magané mes compagnies, j'en ai même fermé une à cause des burnouts de mes employés », raconte l'homme visiblement encore éprouvé et meurtri. « On est seulement en train de se reprendre en mains. On va traîner cette tragédie-là jusque dans notre tombe. On a été laissés de côté avec notre peine... »

« Je suis pour une enquête publique sur cette tragédie. Car celle qui a été réalisée (NDLR par le Bureau de la sécurité des transports) ne nous a pas donné grand-chose. »

Puis il ajoute que le ministre Denis Lebel l'a appelé et que ça lui a fait du bien. « J'étais content. J'ai vu toute sa sincérité quand il m'a avoué que cela n'aurait jamais dû arriver. Puis il m'a demandé ce que je pensais de la Ville de Lac-Mégantic. Je lui ai répondu que je trouvais regrettable que les employés municipaux, la mairesse et les conseillers municipaux n'aient pas mis leurs culottes. Ils ont détruit le centre-ville qui nous restait. On n'a plus de ville. À cause des compagnies d'assurances et des banques qui demandaient la démolition. Pour L'Eau Berge, qui n'était pas contaminée, je ne suis pas d'accord avec ce qui a été fait. Nous avions pourtant soumis une proposition de déménagement qui a été complètement refusée », conclut-il, très amer.

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