Sirop d'érable sous haute surveillance

Steve Côté... (Archives La Tribune, Jessica Garneau)

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Steve Côté

Archives La Tribune, Jessica Garneau

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<p>Christine Bureau</p>

(Sawyerville) Quatre producteurs de sirop d'érable ont eu la même surprise jeudi dernier. Ils ont reçu la visite d'un huissier et d'un agent de sécurité chargés de surveiller et saisir l'ensemble de leur récolte printanière. Parmi eux se trouve Steve Côté, un acériculteur de Sawyerville qui trouve que la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) « exagère » dans ce dossier.

« C'est une intrusion dans la vie privée des gens, estime-t-il. Je me demande où sont mes droits. On est justement devant les tribunaux pour débattre de ça et là, on m'envoie quelqu'un pour regarder par-dessus mon épaule pendant que je fais mon sirop d'érable », déplore-t-il.

Steve Côté se bat depuis plusieurs années contre la FPAQ. En 2013, d'importantes saisies ont été menées chez des acériculteurs, y compris à son érablière. La Fédération les accuse de vendre leur production de sirop d'érable hors du Québec avec des certificats d'agrément émis par l'Agence canadienne d'inspection des aliments sans passer par la FPAQ, le canal unique par lequel les producteurs doivent passer pour exporter leur production. Steve Côté prétend pour sa part être propriétaire de son sirop d'érable et plaide pour un droit à l'exportation.

Le cas s'est retrouvé devant les tribunaux et la Cour d'appel a récemment rendu un jugement en faveur de la Fédération. Mais Steve Côté et les autres producteurs tentent aujourd'hui de porter leur cause devant la Cour suprême.

Du côté de la Fédération, on se défend bien d'« exagérer » en imposant aux producteurs la présence d'un agent de sécurité. « On parle de producteurs qui allègrement et joyeusement contreviennent aux règlements », soutient le directeur général adjoint de la FPAQ, Paul Rouillard. « La cour nous a donné le pouvoir de prendre cette initiative-là et on le fait », a-t-il indiqué, niant le fait que la Fédération agirait sans ordonnance de la cour.

Il ajoute que les saisis chez ces mêmes producteurs n'ont presque rien donné en 2014. « Bizarrement, ils n'avaient presque rien produit cette saison-là », avance-t-il. Il entend donc saisir leur sirop d'érable au fur et à mesure cette année.

Steve Côté a été averti qu'un gardien de sécurité le surveillerait entre 14 h et 22 h tous les jours. Mais quand il est revenu chez lui lundi, personne ne s'y trouvait. Même constat chez tous les autres producteurs visés. Selon Paul Rouillard, cela ne signifie pas que les gardiens de sécurité ont été retirés. « La cour nous a permis d'envoyer des agents et c'est à nous de gérer les horaires, de décider quand on les envoie ou non », plaide-t-il, lui qui affirme avoir le soutien des autres membres de la Fédération pour agir ainsi.

Steve Côté n'entend pourtant pas baisser les bras. Alors qu'une autre cause l'opposant à la Fédération est devant les tribunaux, il doit maintenant attendre de voir si la Cour suprême acceptera d'entendre l'autre cause qu'il mène depuis 2013.

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