La Conférence régionale des élus ferme ses livres dans le brouillard

Jacques Demers et Marie-Hélène Wolfe... (Imacom, Jessica Garneau)

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Jacques Demers et Marie-Hélène Wolfe

Imacom, Jessica Garneau

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) La Conférence régionale des élus (CRÉ) de l'Estrie a clos son conseil d'administration mensuel, mercredi  midi, sans trop savoir s'il y en aura un prochain et de quoi il serait fait.

«Malheureusement, les trois derniers c.a. se sont terminés de la même façon, constate son président Jacques Demers. Au mois de janvier, c'était clair pour nous qu'on ne se rendrait pas au mois de mars, là on est en mars et on a fixé une date pour une prochaine rencontre...»

Sur papier, le plan de fermeture adopté à la fin janvier met un terme aux opérations de la CRÉ de l'Estrie la semaine prochaine, le 31 mars. La fermeture administrative nécessitera quelques mois de plus.

Le c.a., pour sa part, reste décisionnel jusqu'à ce que le projet de loi 28 soit adopté par l'Assemblée nationale et que le comité transitoire entre en scène.

Ce comité transitoire sera constitué des six préfets de l'Estrie, du maire de Sherbrooke Bernard Sévigny et d'un représentant du ministère des Affaires municipales.

On ignore quand ce projet de loi «sur la mise en oeuvre de certaines dispositions du discours sur le budget du 4 juin 2014 et visant le retour à l'équilibre budgétaire en 2015-2016» sera adopté, puisqu'ìl fait encore l'objet de débats à Québec.

«Une fois que le décès est annoncé, on ne voit pas de quelle façon on peut prolonger et avec quoi, puisque l'argent, on n'a plus le droit de l'utiliser de toute façon.»


Dans ce contexte, certains partenaires autour de la table ont questionné, mercredi, l'empressement de la CRÉ de l'Estrie à fermer les livres, d'autant que certaines autres poursuivront leurs opérations quelques mois, voire un an dans quatre régions de la province.

«Une fois que le décès est annoncé, on ne voit pas de quelle façon on peut prolonger et avec quoi, puisque l'argent, on n'a plus le droit de l'utiliser de toute façon, répond M. Demers. Alors pourquoi ne pas liquider le plus rapidement possible, et donner aux MRC et à la Ville de Sherbrooke, à ceux qui eux ont le droit d'être en activités encore? Pour le personnel, aussi, étirer ça dans le temps, c'est difficile. Le plus rapidement on réussira à fermer, le plus facilement on se donnera un erre d'aller pour replacer les différents dossiers au niveau régional.»

Difficile d'évaluer l'impact de la disparition de cette instance de concertation qui réunit des élus mais également des groupes sociocommunautaires, des entrepreneurs, des syndicats, des gens de culture, des agriculteurs. «Demain matin, le départ de la CRÉ empêche personne de fonctionner, mais dans six mois, dans un an, il va y avoir énormément d'impacts», analyse Jacques Demers, en énumérant des dossiers marquants des dernières années comme la persévérance scolaire, l'exclusion sociale, l'aide à la pauvreté, l'aéroport de Sherbrooke et le mont Orford, par exemple. «Qui va être capable de prendre cette place-là pour la région?»

Au point de vue économique, on avance également en plein brouillard.

À l'échelle de la province, il y aurait création d'un Fonds de développement du territoire d'environ 100 millions $, en baisse de 80 millions $ sur les quatre programmes qu'il vient suppléer, dont les fameux pactes ruraux et les centres locaux de développement.

La façon dont cette somme sera répartie entre les régions, incluant Montréal et Québec, n'a pas non plus été expliquée, met en garde M. Demers.

«Et on n'a pas mesuré tous les autres impacts», ajoute sa directrice générale Marie-Hélène Wolfe, en parlant de l'effet levier du Fonds de développement régional par exemple, grâce auquel les 2,4 millions $ remis par le ministère des Affaires municipales permettent à la CRÉ d'aller chercher 8,3 millions $ par le biais d'autres fonds spécifiques.

Les acteurs de la CRÉ ont clairement statué sur l'importance de conserver une structure de concertation réunissant élus et société civile.

La Table des MRC de l'Estrie en a aussi discuté à sa dernière séance.

«C'est quand on parle d'argent que ça se complique, constate M. Demers. Je crois qu'une instance sans argent n'est pas une vraie instance. Ça prend un noyau, une structure minimale pour assurer le suivi, parce que si plein d'élus se rencontrent et qu'il y a personne pour faire le suivi, leurs décisions ne servent à rien.»

Ça prendra également une reconnaissance du milieu et du gouvernement, renchérit Mme Wolfe.

De 16 employés, la CRÉ de l'Estrie n'en comptera plus que cinq après le 31 mars, trois après le 5 mai et «peut-être» un après le 31 juillet.

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