Rétention des immigrants : l'Estrie parmi les pires régions

De 2006 à 2010, 5667 immigrants se sont installés en Estrie. En 2011, plus de... (Archives, La Tribune)

Agrandir

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) De 2006 à 2010, 5667 immigrants se sont installés en Estrie. En 2011, plus de 4400 d'entre eux avaient quitté la région. L'Estrie obtient donc un taux de rétention de 21,62 %, un des pires au Québec.

Mohamed Soulami... (Archives, La Tribune) - image 1.0

Agrandir

Mohamed Soulami

Archives, La Tribune

«On a été surpris par ce résultat. On croyait que le taux de rétention de la région se chiffrait autour de 40 %», admet Mohamed Soulami, directeur général d'Actions interculturelles de développement et d'éducation (AIDE).

L'organisme sherbrookois a réalisé cette analyse grâce à des données ethnoculturelles des recensements de 2006 et de 2010 du ministère de l'Immigration.

Au Québec, le taux de rétention est de 51,70 %, selon AIDE.

Comment expliquer la mauvaise performance de l'Estrie?

«Il y a plusieurs facteurs qui expliquent cela. Mais le problème à la source est l'inadéquation entre les personnes orientées ici et les besoins du marché du travail», explique M. Soulami.

Environ 55 % des immigrants qui s'installent en Estrie sont des réfugiés, c'est-à-dire qu'ils sont choisis pour des raisons humanitaires et non pour leur domaine de compétence. Ces personnes sont donc envoyées dans les Cantons-de-l'Est, sans regard du marché du travail.

«Bien souvent ils arrivent ici et ne trouvent pas de travail qui cadre avec leurs compétences. Ces immigrants finissent par tourner en rond et quitter», soutient M. Soulami.

C'est le gouvernement du Québec qui décide d'envoyer un grand pourcentage de réfugiés en Estrie, probablement le plus haut pourcentage au Québec.

«C'est une orientation gouvernementale qui date de 15 à 20 ans. Il faut repenser la façon d'orienter les immigrants et les réfugiés au Québec pour qu'ils s'établissent dans des endroits où ils pourront s'épanouir», croit le directeur général.

Parmi les autres facteurs responsables du faible taux de rétention de l'Estrie, M. Soulami mentionne la non-reconnaissance des diplômes d'études et le manque d'employeurs prêts à engager des immigrants.

«Il y a 300 entreprises qui embauchent des immigrants dans la région alors qu'on en retrouve 12 000 entreprises, en comptant les PME de deux ou trois employés. Il y a donc beaucoup de sensibilisation à faire en ce qui concerne la diversité dans les milieux de travail», affirme M. Soulami.

Finalement, un autre problème majeur que doivent affronter les immigrants nouvellement installés en Estrie est le manque de continuum dans les services.

«Les immigrants ont accès à des services de qualité, mais il y a un manque de continuum parmi ceux-ci ce qui les empêche d'être parfaitement fonctionnels et intégrés», soutient M. Soulami

«Plusieurs données le démontre, l'immigration constitue une richesse colossale pour une communauté. Plus les personnes immigrantes sont bien intégrées, plus elles travaillent, plus elles travaillent, plus elles participent à la société. Il faut donc améliorer ce résultat. Après tout, tout le monde veut s'épanouir», conclut M. Soulami.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer