La Journée des femmes, au temps de l'austérité

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) Les mesures d'austérité mises en place par le gouvernement de Philippe Couillard auront des conséquences insoupçonnées sur plusieurs groupes qui viennent en aide aux femmes. C'est ce que trois d'entre eux ont voulu faire ressortir en organisant lundi l'activité Femmes et austérité, à Sherbrooke, à l'occasion de la Journée internationale des femmes.

Les Pépines (Promotion des Estriennes pour initier une nouvelle équité sociale), Actions interculturelles et le Calacs Agression Estrie ont ainsi voulu mettre en lumière à quel point les mesures d'austérité risquent d'accentuer encore un peu les inégalités sociales entre les hommes et les femmes.

Au sein des Pépines, par exemple, on vit de l'incertitude financière et politique.

L'organisme qui milite pour l'équité depuis plus de 20 ans constate en effet que son principal bailleur de fonds, le Secrétariat à la condition féminine, voit son budget amputer de 50 pour cent pour la prochaine année, tandis que la Conférence régionale des élus de l'Estrie, qui était aussi un partenaire financier important dans le cadre de l'Entente spécifique sur l'égalité entre les femmes et les hommes, disparaît tout simplement.

«On ne sait pas comment seront gérés les fonds de développement. On ne sait pas non plus comment sera payée notre unique employée après le 30 juin», résume la directrice des Pépines, Jinny Mailhot.

Sur le plan politique, c'est une des bases importantes de l'action des Pépines qui se trouve ébranlée avec la restructuration du réseau de la santé et des organismes de développement régional, qui entraînera la disparition d'un bon nombre de lieux décisionnels et consultatifs où les femmes avaient fini par trouver leur place.

«En santé par exemple, les conseils d'administration vont fusionner et ils seront désignés par le gouvernement. Or on sait que plus un c.a. est sélectif, plus ça rebute les femmes (d'en faire partie). On ignore aussi s'il y aura un souci pour l'équité hommes-femmes dans les nominations», avance Mme Mailhot.

Du côté du Calacs Agression Estrie, même si le financement de l'organisme n'est pas menacé, plusieurs partenaires du réseau sociocommunautaire vers qui on a l'habitude de référer la clientèle sont touchés par les compressions du gouvernement, par exemple en santé mentale ou en aide de dernier recours.

La précarité amène également son lot de problématiques et accentue les inégalités hommes-femmes, ce qui peut constituer un terreau fertile à l'augmentation des violences sexuelles, analyse l'intervenante Stéphanie Tremblay.

Outre les trois regroupements qui organisent l'activité Femmes et austérité, trois conférencières ajouteront leur grain de sel pour comprendre comment les mesures d'austérité accentuent les inégalités entre les sexes, sous différents aspects.

Il s'agit de Véronique Grenier, professeure de philosophie au Cégep de Sherbrooke et chroniqueuse à La Nouvelle, Geneviève Collette, directrice générale du Centre d'intégration au marché de l'emploi (CIME), et Christiane Carle, spécialiste émérite de la condition féminine en Estrie.

La soirée, gratuite, fera par ailleurs une large place aux activités de réseautage pour permettre aux participantes de tisser des liens solidaires.

Ça se passe à la microbrasserie Boquébière, du 50 rue Wellington Nord, le lundi 9 mars à 18 h 30.

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