L'heure de la retraite sonne pour le barbier de Danville

Après 56 ans du métier de barbier, Sylvio... (La Tribune, Yvan Provencher)

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Après 56 ans du métier de barbier, Sylvio Boisvert accrochera le 4 avril ses ciseaux et déposera ses rasoirs pour une nouvelle vie de retraité... à 84 ans.

La Tribune, Yvan Provencher

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Yvan Provencher
La Tribune

(Danville) Véritable institution au Carré de Danville, le barbier Sylvio Boisvert attendra les 12 coups de l'horloge de l'endroit, le 4 avril à midi, veille de Pâques, pour accrocher ses ciseaux et déposer ses rasoirs en vue d'une retraite. Toujours actif après 56 ans dans son métier, dont 50 ans au même endroit du Carré, l'homme de 84 ans a choisi son heure!

«Je suis le dernier d'une famille de 16 enfants dont j'occupe le sixième rang, à prendre ma retraite. Je n'arrête pas à cause de problèmes de santé, elle est encore très bonne, tout comme celle de mon épouse. Je veux tout simplement faire ce que je veux, à l'heure que je le désire. Après 56 ans de ce métier, je peux me permettre cela. Mon épouse est heureuse de ma décision, même si elle a osé me l'avouer que tout récemment, du fait qu'elle a toujours respecté mon choix de poursuivre ou non mon travail.»

À 17 ans, il devenait un frère rédemptoriste, voulant consacrer sa vie à Dieu. À 24 ans, se refusant à certaines règles avec lesquelles il était en désaccord, il a délaissé la soutane. Pendant trois ans, il a expérimenté divers métiers dont celui de laitier, donnant un coup de main à son père, devient concierge et même cuisinier en restauration rapide. Puis il s'est dirigé vers l'École de barbier Moreau de Montréal pour entreprendre une carrière durable.

«Je n'ai jamais regretté ma décision de me tourner vers ce métier. Je cherchais dans quoi être le plus heureux, tout en étant mon propre patron et en rendant service aux gens. Le petit Jésus m'a bien éclairé et m'a orienté par l'entremise de Saint-Joseph, le patron des ouvriers. J'ai acquis à l'époque, en 1959, ma chaise de barbier pour 1000 $. Une coupe de cheveux rapportait 75 cennes et à 14 $ aujourd'hui, je suis sûrement dans les moins chers!»

Pendant 10 ans, il a mené une véritable croisade pour son projet de restauration et de remise en marche de l'horloge du Carré de Danville qui avait été installé sur le toit de la Banque canadienne impériale de commerce, mais qui était hors d'usage depuis 1970. En 1995, son souhait a été exaucé avec la remise en marche de cette horloge qui marque toujours le temps et l'histoire à Danville, la même qui sonnera l'heure de sa retraite face à son commerce.

Même sans avoir amorcé officiellement sa nouvelle vie, l'homme confirme avoir déjà un projet de mentorat occasionnel pour des coiffeuses pour hommes. «Je dois beaucoup à ma clientèle, j'ai beaucoup appris de mes contacts, de mes échanges avec ces personnes au cours des années. Je n'ai jamais choisi mes clients, tous étaient bienvenus. Tous entraient chez moi avec le sourire, les rares exceptions ressortaient l'esprit plus détendu et la tête plus légère! Je leur dis un grand merci du fond du coeur», conclut-il.

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