Démission d'Yves Bolduc : Pierre Reid commente

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Pierre Reid

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(SHERBROOKE) S'il y en est un qui comprend bien l'ampleur de la tâche qui attend le ministre de l'Éducation, c'est bien le député d'Orford Pierre Reid, qui a occupé ces fonctions entre 2003 et 2005. Au moment de la nomination de François Blais pour remplacer le ministre démissionnaire Yves Bolduc, vendredi, M. Reid rapportait qu'il est prévisible qu'un ministre de l'Éducation sera contesté.

«Le monde de l'éducation est comme ça. Aux États-Unis, on dit que le président des universités, l'équivalent de notre recteur, fait toujours l'unanimité. L'unanimité contre lui. Les universitaires aiment avoir la liberté de penser et d'enseigner. La dernière chose qu'ils veulent, c'est un patron. Mais il faut quelqu'un pour faire le travail. Contrairement au domaine de la santé, où on respecte depuis toujours la hiérarchie, en éducation, on n'aime pas la hiérarchie. Il est donc prévisible qu'on réclame souvent la démission des ministres de l'Éducation», commente M. Reid.

Le député d'Orford croit que François Blais saura néanmoins gérer la pression à laquelle il sera exposé. «Il est intéressant d'avoir quelqu'un comme lui qui a suivi l'évolution des dossiers alors qu'il était à la table du conseil des ministres. Il est aussi un universitaire. C'est quelqu'un qui a été professeur et qui a géré une faculté. Il a une compréhension de la culture en éducation.»

M. Reid lui-même était un ancien recteur avant de devenir ministre de l'Éducation, ce qui n'a pas empêché ses opposants de réclamer sa démission, notamment en lien avec la gestion du dossier des prêts et bourses. «Ce que je connais de M. Blais, c'est qu'il a le feu ardent de la politique. Il est là pour faire avancer l'État québécois. Il sait que les choses ne seront pas toujours faciles, mais il est toujours difficile de faire avancer des dossiers quand les gens concernés ne sont pas d'accord. Il faut une solidité personnelle qui est très importante et M. Blais a cette solidité.»

Interrogée à propos du remaniement ministériel, la politologue Isabelle Lacroix indiquait jeudi qu'il aurait été surprenant que le nom de M. Reid circule pour retourner à l'Éducation, précisément pour des raisons historiques. «Son passé en éducation a été à ce point négatif que son nom n'aurait pu circuler à nouveau.»

Les critiques et les moqueries qui ont entouré l'ex-ministre Yves Bolduc ont d'ailleurs rappelé de mauvais souvenirs à Pierre Reid. «Je me suis souvenu de choses que j'ai vécues, notamment de certaines choses qui sont fausses, mais qui deviennent des vérités dans la tête des gens à force de les répéter.»

M. Reid se dit par ailleurs ouvert à un débat sur la rémunération des élus, incluant les allocations de transition. «Le débat est dû depuis longtemps, mais j'ai l'impression qu'il ne se fait pas parce que l'opposition ne veut pas. Il faudra faire un débat sur l'ensemble de la question, pas à la pièce. Il y a toujours un malaise quand on parle du salaire des députés, mais les augmentations des dernières années ont été très faibles. Même le premier ministre est moins payé que certains hauts fonctionnaires.»

Selon lui, il faudrait peut-être augmenter le salaire des députés et éliminer les primes. En attendant, l'allocation qu'a choisi d'encaisser M. Bolduc est tout à fait légale. «Il n'a pas choisi d'aller en politique pour le salaire. Il a dû perdre environ un million en salaire par rapport à ce qu'il aurait fait comme médecin. Ne serait-ce que ça, ça mérite un peu de respect. Moi, quand je suis arrivé en politique, je gagnais 50 % de moins que mon salaire d'avant. Je ne m'en plains pas. On ne fait pas ce travail pour l'argent.»

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