La ferme Aux Champêtreries ferme ses portes

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<p>Christine Bureau</p>

(Newport) Faute de financement, la ferme Aux Champêtreries se voit forcée de fermer ses portes.

Depuis un an maintenant, c'est la directrice générale Linda Thibault qui tient l'organisme de réinsertion sociale à bout de bras. Avec sa cuisinière, elle fait les tâches habituellement exécutées par une vingtaine de jeunes âgés de 18 à 30 ans, du travail maraîcher jusqu'à l'empaquetage des produits alimentaires.

« On a toujours travaillé avec Services Canada parce qu'Emploi-Québec ne nous a jamais reconnu comme un organisme d'insertion à l'emploi. Mais depuis l'année dernière, Service Canada ne renouvelle plus le projet alors la mission de la ferme n'est plus là», explique-t-elle.

Il en coûte en moyenne 120 000 $ par année pour faire fonctionner la ferme, une somme qui comprend le salaire des jeunes travailleurs, payés au salaire minimum 30 heures par semaine. L'organisme a aussi cumulé à ce jour une dette de 175 000 $.

« Encore la semaine passée, j'ai eu des gens qui m'ont appelée pour avoir des références de jeunes parce que quand ils sortaient d'ici, ils avaient un carnet de route très complet. Ils trouvent qu'ils apprenaient beaucoup ici », souligne Mme Thibault. D'autant plus que l'organisme a un taux de succès de 75 % auprès de ses jeunes, soit parce qu'ils retournent aux études, soit parce qu'ils se trouvent un emploi.

« Moi je me dis: un succès comme ça, comment ça se fait qu'on laisse tomber ça? » se désole la directrice générale. « Dans le Haut-Saint-François, le seul organisme d'insertion à l'emploi qu'il y a pour les jeunes, c'est la ferme Aux Champêtreries. C'est ça qui est triste », dénonce-t-elle.

Multiples refus

Si la ferme du Canton de Newport doit aujourd'hui fermer ses portes, ce n'est pas faute d'avoir essayé de trouver une alternative. Le conseil d'administration a attendu un an avant de prendre sa décision, rappelle Linda Thibault.

« On a travaillé sur beaucoup d'autres facettes, notamment la commission scolaire. On a réessayé avec Emploi-Québec et on a relancé Service Canada à de nombreuses reprises», fait-elle valoir.

Du côté d'Emploi-Québec, on confirme que l'organisme n'est pas considéré comme une entreprise de réinsertion à l'emploi, mais que trois rencontres ont eu lieu entre juin 2014 et février 2015 « afin de trouver de nouvelles solutions ». Une aide financière a également été apportée dans le passé pour absorber une partie du salaire des jeunes, mentionne le porte-parole du ministère de l'Emploi, David McKeown.

Même si l'organisme reçoit le soutien de la maison montréalaise L'Escalier, qui distribue ses produits, ce n'est pas suffisant.

C'est d'ailleurs dans la métropole que la production alimentaire risque d'être transférée. Ce sera alors des jeunes Montréalais qui apprendront le métier et non plus des jeunes du Haut-Saint-François, déplore Linda Thibault.

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