Médecins cherchent nouveaux boulots à l'extérieur

La Dre Carine Paquet et le Dr François Roy déplorent les mesures... (Imacom, Frédéric Côté)

Agrandir

La Dre Carine Paquet et le Dr François Roy déplorent les mesures qui seront imposées aux médecins omnipraticiens par le biais du projet de loi 20.

Imacom, Frédéric Côté

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Quand les Estriens auront-ils tous accès à un médecin de famille? Certains indicateurs laissent croire que la situation risque de se détériorer au cours des prochaines années.

En raison de la menace du projet de loi 20, au moins trois médecins de famille sherbrookois ont annoncé ou sont sur le point d'annoncer leur retraite. Ces retraites n'auraient pas été planifiées avant quelques années.

Deux jeunes médecins qui projetaient de venir travailler à Sherbrooke ont décidé d'aller travailler au Nouveau-Brunswick où les conditions de pratique sont plus clémentes.

Dans les facultés de médecine, les externes, ces étudiants qui sont sur le point de choisir une spécialité pour la seconde partie de leur longue formation médicale, sont plus nombreux que jamais à dire que la médecine familiale ne les intéresse plus en raison des contraintes trop nombreuses qu'imposera la loi 20.

Par ailleurs, plusieurs médecins plus jeunes sont en train de regarder vers l'Ontario pour se dénicher un nouveau boulot. La Dre Carine Paquet est de ceux-là.

« Mon mari a de la famille à Ottawa. Si le projet de loi passe, je vais envisager de déménager à Ottawa », avoue-t-elle.

«Je considère que je suis très utile au système de santé. Je travaille beaucoup et bien, et je comble plusieurs besoins qui ne seraient pas comblés autrement.»


Cette médecin omnipraticienne ne fait pas de prise en charge. Dans des semaines de 40 à 45 heures, elle multiplie les postes qui servent à combler autant de besoins : elle travaille en santé voyage, au planning des naissances, fait des cliniques de pose de stérilets et de cytologies, entre autres. Huit semaines par année, elle est de garde aux soins palliatifs de l'Hôtel-Dieu - « des semaines de 90 heures ».

« Je considère que je suis très utile au système de santé. Je travaille beaucoup et bien, et je comble plusieurs besoins qui ne seraient pas comblés autrement. Si on m'oblige à faire de la prise en charge, qui fera toutes ces tâches que je fais actuellement? Et qui fera tout mon travail si je décide d'aller travailler en Ontario? » demande-t-elle.

Rappelons que le projet de loi 20 prévoit d'imposer à chaque médecin de prendre en charge un nombre minimal de patients, faute de quoi sa rémunération totale sera réduite jusqu'à 30 %. Le projet de loi établira aussi un taux d'assiduité pour chaque médecin de famille.

Le Dr François Roy, qui prend plus de 1100 patients en charge en plus de travailler une semaine sur huit à l'hospitalisation à l'Hôtel-Dieu, raconte que ce projet de loi a aussi un autre effet pervers : certains patients ne se présentent pas à l'urgence quand leur cas le nécessiterait pour ne pas « pénaliser leur médecin », probablement par crainte de le perdre.

En attendant que la loi 20 soit votée, les médecins apprendront à vivre avec la loi 10 qui sera effective à compter du 1er avril et qui entraîne la fusion de 15 établissements de santé et de leur centaine de points de services. « L'objectif réel de cette loi est de diminuer les coûts, mais encore faut-il les réduire... Et pour moi, une loi en santé dans laquelle on retrouve 117 fois le mot «ministre de la Santé" et 0 fois le mot "patient", ça en dit beaucoup sur le but réel de la loi... » soutient le Dr François Roy.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer