Dernier hommage aux victimes de l'incendie de Drummond

Jean-Claude Okengé a rendu un dernier hommage à... (Collaboration spéciale, Éric Beaupré)

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Jean-Claude Okengé a rendu un dernier hommage à sa femme et à deux de ses enfants

Collaboration spéciale, Éric Beaupré

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Yanick Poisson
La Tribune

(Drummondville) Environ 300 personnes ont assisté, samedi en début d'après-midi, aux émouvantes funérailles de Berthe Koumabeng et de ses fils Flavien Mpoy et Julien Pena Okenge, décédés dans l'incendie de leur domicile, le 30 janvier à Drummondville.

Au terme d'une sobre cérémonie, le père de famille, Jean-Claude Okenge, n'a pu retenir ses larmes. Les cercueils des siens ont défilé un à un sous ses yeux, puis, ont été transportés afin d'être entreposés jusqu'à ce qu'ils soient rapatriés au Tchad, mercredi.

Bouleversé, l'homme s'est adressé à la foule pendant un court instant afin de témoigner de sa douleur. Il a tenu à remercier la communauté drummondvilloise qui lui est venue en aide au cours des dernières semaines, notamment en offrant les funérailles gratuitement. Encore un peu plus de deux semaines après les tragiques événements, il n'arrive pas à comprendre ce qui lui arrive.

« Je me suis toujours forcé de soutenir ma famille comme un bon père. Tous ceux qui me connaissant savent les efforts que j'ai faits pour ma femme et mes enfants. Nous étions heureux, mais aujourd'hui, c'est le drame, un drame qui me laisse avec de nombreuses questions sans réponse », dit-il.

M. Okenge a expliqué qu'il a déménagé du Congo au Tchad en 2001 et c'est à cet endroit qu'il a rencontré sa dulcinée. Ils se sont réfugiés au Canada en 2013 afin d'obtenir une meilleure qualité de vie. Ils étaient quatre à immigrer, ici, l'homme est maintenant laissé à lui-même. Afin de combattre la tristesse qui l'envahit, il remet sa vie entre les mains de Dieu.

« Je pense que c'est Dieu qui peut m'aider, c'est lui qui peut soulager mon coeur, mentionne-t-il. Comme la bible dit : en toutes circonstances, il faut toujours s'en remettre à Dieu. Je l'ai toujours glorifié et je veux continuer de la faire ».

« On est affectés »

Le capitaine responsable des opérations le soir de l'incendie, Éric Prudhomme, tenait absolument à être présent pour rendre un dernier hommage aux disparus. Il était accompagné d'une importante délégation du Service de sécurité incendie de Drummondville.

« Je suis venu pour appuyer le père qui se retrouve maintenant tout seul. Nous sommes venus lui dire que nous pensons à lui. On est affectés par tout ça, on est des êtres humains, on a un coeur. Les enfants ne devraient jamais partir avant les parents, c'est traumatisant », affirme-t-il.

Capitaine Prudhomme et son équipe ont multiplié les manoeuvres de réanimation afin de sauver les victimes, malheureusement, ils n'ont pas connu de succès. Seul le nourrisson, d'une semaine à peine, est toujours de ce monde. Il se trouve toutefois toujours dans un état critique.

« On a tout tenté pour sauver ces gens-là. La vie est ainsi faite, nous n'avons pas réussi. Je suis tout de même très fier de mon équipe », continue-t-il.

Plusieurs membres des différentes communautés ethniques de Drummondville et des environs ont assisté à la cérémonie. Le président de l'Association congolaise du Québec, Pierre Kamoni Soku Lindondo, a pris la parole en leur nom. Il y est allé d'un discours de motivation à l'attention du père.

« C'est avec beaucoup de douleur que nous avons appris ce drame qui afflige toute notre communauté et qui a emporté note soeur, notre mère, notre épouse et ses deux enfants. Nous nous retrouvons devant des faits difficiles à expliquer. L'énergie qui vous a animé tout au long de votre existence est la même qui nous aidera à passer à travers ces moments difficiles », statue-t-il.

« À toi, notre frère et cher compatriote : nous savons tous que la vie s'arrête un jour. J'imagine que ce sera difficile. Laissons le temps apaiser cette souffrance. Dis-toi que ton épouse sera toujours vivante dans ton coeur ».

La nièce de Berthe Koumabeng, Joséphine Nataunguen a également pris la parole un court instant et Heidi Bersot a entonné un chant africain intitulé Quel repos. La cérémonie a été présidée par le pasteur Jonathan Bersot.

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