Harper qualifie de «barbare» la sentence infligée à Badawi

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Yanick Poisson
La Tribune

(VICTORIAVILLE) Le premier ministre du Canada Stephen Harper a commenté publiquement pour la première fois, jeudi, le triste sort réservé au blogueur saoudien Raif Badawi, emprisonné en Arabie saoudite et condamné à 1000 coups de fouet.

Le chef conservateur a qualifié de «barbare» la sentence infligée à M. Badawi et s'est empressé de la condamner vivement. Il a toutefois ajouté qu'il se retrouvait les mains liées dans cette affaire puisque la victime n'est pas canadienne, même si sa famille a trouvé refuge à Sherbrooke. Il n'est donc pas possible pour les autorités canadiennes de s'ingérer et de négocier sa libération, estime M. Harper.

«Même si sa famille réside dans la région, M. Badawi n'est pas un citoyen canadien. Au Canada, nous défendons les libertés individuelles comme la liberté d'expression et je trouve, par ailleurs, que les gestes posés à l'endroit de M. Badawi sont barbares. Nous les avons condamnés et nous continuerons de le faire. Malheureusement, c'est tout ce que l'on peut faire pour l'instant», a affirmé M. Harper, lorsque La Tribune l'a interrogé au sujet de ses intentions dans le dossier de M. Badawi.

Cette réaction s'inscrit de pair avec la décision de l'Assemblée nationale d'adopter, à l'unanimité, une motion demandant la libération du blogueur saoudien condamné à 10 ans d'emprisonnement et 1000 coups de fouet pour avoir tenu des propos allant à l'encontre des enseignements de l'Islam. Raif Badawi est emprisonné depuis juin 2012.

Plus sévères envers les violents récidivistes

M. Harper s'était déplacé à Victoriaville, hier, pour annoncer que son gouvernement comptait légiférer pour mettre fin à la libération d'office des délinquants violents récidivistes aux deux tiers de leur peine. Ces derniers devront dorénavant passer par le processus régulier des libérations conditionnelles.

Une grande majorité de détenus voient leur peine être raccourcie du tiers en vertu de la Loi sur le système correctionnel en vigueur. Selon le premier ministre, plusieurs profitent de cette sortie de prison hâtive pour commettre de nouveaux délits. Il donne l'exemple de Mario Marcotte qui a été libéré d'office à quatre reprises.

«Certains criminels récidivent une fois libérés d'office et, à l'occasion, ç'a des conséquences mortelles. Mario Marcotte a obtenu deux fois des libérations conditionnelles et a été libéré d'office à quatre reprises. En 1991, il a été accusé d'assaut sur un agent de la paix, d'extorsion et de vol. Il a avoué avoir commis plus de 50 vols à main armée et il a été accusé de cinq autres en décembre. Est-ce qu'on veut vraiment que des criminels comme ça ressortent aux deux tiers de leur sentence?»

Une voix pour les victimes

Cette annonce a de quoi réjouir l'ancien président de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD) et sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, qui voit là un autre pas en avant pour la protection des victimes d'actes criminels. Selon lui, il s'agit d'une 12e demande de l'AFPAD qui se concrétise ainsi sous la gouverne des conservateurs.

«Jamais depuis la Confédération un gouvernement n'aura été aussi loin dans la protection des victimes et des familles canadiennes. Monsieur Harper, vous avez écouté les victimes. Nous saluons votre volonté et les gestes posés pour que ces récidivistes demeurent derrière les barreaux le plus longtemps possible plutôt que de faire d'autres victimes», a dit M. Boisvenu.

Depuis qu'il a été porté au pouvoir, le gouvernement de Stephen Harper a également modifié les détentions préventives afin qu'elles cessent de compter en double, il a augmenté les peines minimales pour certains crimes violents et il a donné la possibilité d'imposer des peines consécutives pour des crimes commis envers des enfants.

«Il y a eu trop de victimes oubliées par le système judiciaire. La justice, ce n'est pas que pour les criminels. Nous avons donné priorité aux victimes, nous leur avons donné une voix», conclut le premier ministre.

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