Les filles décrochent aussi

La chargée de projet Julie Raby se trouve... (La Tribune, Yanick Poisson)

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La chargée de projet Julie Raby se trouve avec la coordonnatrice de la Table de concertation du mouvement des femmes du Centre-du-Québec, Francyne Ducharme.

La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(VICTORIAVILLE) Si on parle abondamment du décrochage scolaire des garçons, celui des filles est également une triste réalité au Québec, alors qu'un peu plus d'une élève sur dix quittera l'école avant d'avoir obtenu un diplôme. Pendant que le sort des premiers tend à s'améliorer, celui des jeunes femmes stagne, ce qui n'est pas sans alarmer la Table de concertation du mouvement des femmes du Centre-du-Québec (TCMFCQ).

«On parle beaucoup des garçons et avec raison, la situation nécessitait qu'on s'en préoccupe. Or, au cours des dix dernières années, on note une nette amélioration de la diplomation chez les garçons, alors que la situation des filles stagne, elles se retrouvent dans l'angle mort», estime la chargée de projet, Julie Raby.

Afin de faire la lumière sur la situation, la Table a mené une étude auprès de 27 décrocheuses. Cet exercice a notamment permis d'apprendre que les causes de l'abandon chez les filles sont différentes de celles des garçons, les conséquences le sont tout autant.

«Les filles éprouvent plus souvent des difficultés reliées à des problèmes familiaux comme la violence et l'abandon parental. Phénomène plus récent, l'intimidation vécue à l'école est aussi un facteur perturbant le cheminement scolaire», explique Mme Raby.

L'écart de revenus entre les hommes et les femmes n'ayant pas de diplôme est de 8000 $ par année. Il s'explique, entre autres, par le fait que les femmes sont souvent dirigées vers des emplois aux salaires inférieurs comme ceux de caissières, serveuses ou vendeuses.

Selon Mme Raby, il est essentiel de réduire le décrochage chez les femmes et de faciliter leurs retours aux études puisque leur situation a un impact important sur l'éducation de leurs enfants. En effet, les mamans sont, encore aujourd'hui, les principales gestionnaires du parcours scolaire de leurs enfants. Elles se doivent d'y attacher une importance particulière.

«Un milieu de vie propice aux études a un impact drôlement important pour les élèves. Si on règle le décrochage des mères, on réduira celui de leurs enfants et on brisera ainsi ce cercle de pauvreté dans la région», explique la coordonnatrice de la TCMFCQ, Francine Ducharme.

Parmi les pistes de solution avancées pour garder les filles sur les bancs d'école, on retrouve le développement d'une meilleure connaissance de la situation et l'accroissement des ressources d'accompagnement dans les établissements scolaires.

«Il faut être plus attentif, leur situation passe souvent inaperçue. On s'attend à ce que les filles soient plus effacées. Leurs difficultés, elles ne les vivent pas de la même façon.

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