Compteurs intelligents : Hydro a commis des erreurs

Sans parler de crise, le vice-doyen à la formation exécutive de la faculté... (Archives, La Tribune)

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(MAGOG) Sans parler de crise, le vice-doyen à la formation exécutive de la faculté d'administration de l'Université de Sherbrooke, Louis Côté, estime qu'Hydro-Québec a commis des erreurs dans la gestion du dossier des compteurs électriques émettant des radiofréquences.

À plusieurs endroits au Québec, des groupes de personnes opposées aux compteurs à radiofréquences ont vu le jour depuis qu'Hydro-Québec a dévoilé son projet de remplacer les appareils installés chez ses clients. Le facteur santé est souvent invoqué par les opposants, mais la littérature scientifique semble pourtant démontrer que les appareils de nouvelle génération sont sans danger.

Récemment, à Magog, le dossier des compteurs dits «intelligents» a également pris une ampleur surprenante après une intervention de la mairesse de Magog, Vicki May Hamm, concernant ce type d'appareil.

«Pour qu'on parle de crise, il faut que ça déborde plus que ce qu'on a vu dans ce dossier, souligne Louis Côté. Mais il y a eu plus d'opposition que prévu. Hydro-Québec aurait dû s'attendre dès le départ à ce que des doutes soient soulevés par rapport à ses appareils.»

Spécialiste en gestion de crise, M. Côté laisse entendre que la société d'État a probablement pêché par excès de confiance. «Elle avait sûrement très confiance aux appareils qu'elle a choisis. Les grandes organisations n'achètent pas ce genre de technologie sans être très prudentes. Mais des doutes ont quand même surgi dans la population», explique-t-il.

Le vice-doyen suggère d'ailleurs que la société d'État aurait élaboré une stratégie de communication plus efficace si elle avait pressenti une opposition d'une ampleur semblable à celle observée.

«Il faut être à l'écoute de la population et savoir répondre aux appréhensions des gens dans de telles situations. L'objectif, c'est d'amener le public à adhérer à ce qu'on lui propose. Et il est préférable d'éviter d'attaquer le porteur du message chez les opposants parce qu'on risque de transformer cette personne en victime, ce qu'on ne veut pas.»

La transparence serait aussi de mise lorsqu'on tente de calmer la grogne parmi la population. «C'est toujours payant pour une organisation. Ne donner que les avantages d'une technologie, par exemple, ce n'est pas la meilleure façon de convaincre les gens qu'on est transparent», affirme-t-il.

Dans la foulée, il ajoute qu'à l'heure des médias sociaux, il est préférable pour une organisation de présenter des «faits inattaquables» pour rassurer une population inquiète.

Cela dit, M. Côté admet qu'il n'est pas toujours facile de prévoir comment le public réagira devant un changement donné. «On a vu, dans le cas des compteurs intelligents, que des personnes se sont dites sensibles aux radiofréquences. Ces gens ont pu attirer la sympathie du public et amplifier le mouvement d'opposition», note-t-il.

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