Un an après L'Isle-Verte, les services d'incendie encore à risque

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Incendie à L'Isle-Verte »

<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) Un an après la tragédie de L'Isle-Verte, les services d'incendie de plusieurs petites municipalités du Québec présentent encore d'importantes lacunes en matière d'équipements, de formation et de financement.

À un point tel que des corps de pompiers volontaires n'arrivent toujours pas à appliquer les normes édictées dans les schémas de couverture de risques, ces plans d'action que chaque municipalité a dû préparer et adopter depuis l'an 2000 pour satisfaire les exigences du ministère de la Sécurité publique.

C'est ce qu'une équipe d'Enquête s'est employée à démontrer dans un reportage diffusé jeudi à Radio-Canada.

Le journaliste Alain Gravel y amène entre autres exemples le cas de l'ancien directeur de la Régie intermunicipale des incendies de la région de Windsor, Bernard Ouellet, qui a été congédié deux jours avant la fin de sa probation, à cause de sa trop grande détermination à vouloir se conformer aux nouvelles normes.

M. Ouellet, un pompier de 20 ans d'expérience, avait pourtant été embauché pour moderniser la Régie des incendies, un peu moins d'un an après le feu qui a rasé l'église St-Philippe de Windsor et qui a bien failli atteindre une résidence pour personnes âgées voisine du lieu de culte.

Dans une entrevue accordée à La Tribune au lendemain de son départ, M. Ouellet avait d'ailleurs levé le voile sur quelques lacunes du service d'incendie qui l'employait. « Quand je suis arrivé, a-t-il notamment dit, il y avait 12 pompiers qui n'avaient pas terminé leur formation depuis 2009. »

Le directeur avait dès lors dressé un inventaire de tout l'équipement de la Régie qui était désuet et qui devait être remplacé, en plus de proposer un système de pompiers de garde qui aurait permis de réduire les temps de réponse; des changements visiblement trop coûteux.

« Le schéma, c'est une grosse facture en bout de ligne », a convenu le président de la Régie, Gilles Perron, qui a été le seul à voter contre le départ de M. Ouellet. « Le message est clair. Il fait beaucoup trop par rapport à ce qu'on a besoin. C'est ce que j'entends. On n'a pas besoin de dépenser autant pour avoir un service. C'est très malheureux. »

Un 19e facteur

En deuxième partie d'émission, c'est le rapport du Bureau de la sécurité des transports sur la tragédie de Lac-Mégantic qui a été remis sur la table.

De l'avis d'enquêteurs du BST, puis d'experts consultés par Enquête, la présence d'un seul conducteur - une procédure autorisée par Transports Canada - sur le funeste convoi du 6 juillet 2013 aurait dû compter parmi les facteurs qui ont contribué à la tragédie. Or, si ce 19e facteur figure dans des rapports préliminaires du BST, il n'apparaît plus dans le rapport final.

« On n'était pas capable de tirer la conclusion si oui ou non ça aurait changé les résultats cette nuit-là. On ne veut pas faire de la spéculation quand on ne peut pas tirer de conclusions fermes», a justifié la nouvelle présidente du BST, Kathy Fox.

Deux semaines après la tragédie, Transports Canada a pourtant émis une première liste d'injonctions pour accroître la sécurité ferroviaire, dont l'obligation d'avoir deux conducteurs en tout temps sur les convois de matières dangereuses.

Enquête en conclut, comme le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) l'a fait dans son étude publiée mardi, que Transports Canada s'en tire à trop bon compte dans le rapport du BST. Le CCPA réclame maintenant une enquête indépendante.

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