Protection du territoire agricole: un débat qui divise les campagnes

François Bourassa... (Archives La Tribune)

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François Bourassa

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<p>Christine Bureau</p>

(Valcourt) La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) pourrait devoir céder certaines de ses responsabilités aux MRC, une perspective qui divise le monde agricole.

Selon La Terre de chez nous, les libéraux ont remis un rapport à la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles (CAPERN) qui propose de transférer aux MRC le morcellement des terres agricoles, le changement de zonage et la remise en zone verte de certains espaces zonés en blanc.

« On reproche souvent à la CPTAQ de prendre trop de temps pour analyser les dossiers. Mais elle a du personnel compétent, qui est au service de toute la province. [...] Avec tout ce qu'on voit - surtout ces temps-ci -, on se rend compte qu'on donne de nouvelles responsabilités aux municipalités et aux MRC, mais les budgets ne suivent pas », proteste le président régional de l'Union des producteurs agricoles (UPA-Estrie), François Bourassa.

Selon lui, les MRC et élus municipaux sont aussi plus sensibles aux pressions des « citoyens demandeurs ». Parmi toutes les demandes faites à la CPTAQ, 98 % reçoivent l'approbation des municipalités concernées, un chiffre qui prouve selon M. Bourassa que les décideurs municipaux ont « d'autres intérêts » que celui de la protection du territoire agricole.

Un manque de relève

Le président de l'Union paysanne, Benoit Girouard, croit que ce dernier argument de l'UPA est une « fausse inquiétude ». « En ce moment, la classe agricole a de la misère à se l'avouer, mais nous, on le regarde avec lucidité. On manque de relève agricole partout au Québec et un haut pourcentage des terres agricoles est en friche », déplore-t-il.

Une « régionalisation » de la gestion du territoire agricole se traduirait selon lui en un meilleur accès à la terre, surtout pour les aspirants agriculteurs. « Il y a des lots disponibles au Québec, mais ce sont des lots de 100 acres, 150 acres, 200 acres. Et là, les jeunes qui voient ça se disent : je n'ai rien pour capitaliser ça », déplore-t-il.

François Bourassa est d'un tout autre avis. « Il y a déjà plusieurs morcellements qui se font à l'heure actuelle et qui sont bien au-dessous de la limite de 100 hectares », plaide-t-il, arguant que la taille moyenne des morcellements est d'environ 60 hectares.

Il refuse également de mettre le problème de dévitalisation des milieux ruraux sur le dos de la CPTAQ. Le problème est beaucoup plus complexe, fait-il valoir. « À part la Colombie-Britannique, [...] aucune province n'a l'équivalent de la CPTAQ et elles souffrent des mêmes problèmes de dévitalisation que nous », illustre-t-il.

Au contraire, Benoit Girouard croit que le Québec est trop strict en matière de gestion du territoire agricole. « Quand on se présente devant la CPTAQ, elle applique d'une façon mur à mur la loi, que vous soyez en Abitibi ou en plein coeur de la Montérégie, mais ce ne sont pas les mêmes problématiques agricoles. Le territoire dans les régions se dévitalise parce qu'il n'y a pas de jeunes, pas d'accès au territoire, pas d'ouverture », déplore-t-il.

De nouvelles responsabilités aux MRC pourraient équilibrer les forces, dit-il. « On serait en ligne avec le rapport Pronovost et le rapport Ouimet sur le territoire agricole qui disaient : il va falloir moduler. Ce n'est pas du tout ou rien que semble nous proposer les libéraux, c'est une modulation. »

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