Le centre de distribution Aux mille et une saisons vit sa dernière journée

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<p>Christine Bureau</p>

(Scotstown) C'était la dernière journée de travail jeudi pour une quarantaine d'employés de Scotstown. La multinationale UNFI a glissé la clé sous la porte du centre de distribution d'Aux mille et une saisons. Pour la plupart d'entre eux, c'est la chasse à l'emploi qui se poursuit.

À l'exception des six employés de bureau, peu de travailleurs ont réussi à se trouver un autre emploi, malgré la mise sur pied d'un comité de reclassement. Trois autres employés ont accepté l'offre d'UNFI d'aller travailler à l'entrepôt de Montréal, mais sans plus.

Inutile de dire que l'ambiance était plutôt morose hier à l'entrepôt. La directrice générale d'UNFI pour le Québec, Marie-Claude Héroux, était sur place. Elle confirme que les employés ont reçu plusieurs formations au cours des dernières semaines. «Parmi les employés de bureau, presque tout le monde a réussi à trouver quelque chose. Certains ont déjà commencé la semaine dernière, d'autres commencent lundi», a-t-elle souligné.

Mais pour ceux qui restent, la recherche d'emploi risque d'être plus difficile. La pilule est d'autant plus difficile à avaler qu'avant d'appartenir à UNFI, Aux mille et une saisons était une entreprise locale et florissante, racontent les employés de Scotstown. «Ça a commencé dans une petite maison, ici à Scotstown. Tout ce qu'il y avait sur la table, c'était du pain et du fromage», se rappelle l'un des employés d'expérience.

Aux dires de plusieurs, les pépins ont commencé à s'accumuler lorsqu'Aux mille et une saisons, alors uniquement distributeur de produits biologiques, a changé de main. Les clients auraient commencé à parler de livraisons de plus en plus désorganisées, et d'un service de moins en moins personnalisé, des problèmes apparemment causés par le travail des employés de l'entrepôt de Montréal et du siège social de Toronto.

En fait, quand UNFI a annoncé à ses employés en novembre dernier qu'elle fermait son centre de distribution de Scotstown au profit de celui de Montréal, peu d'employés rencontrés par La Tribune s'étaient dit surpris. Ils parlaient plutôt de «mauvaises décisions» qui auraient pu être évitées, de «ventes qui chutaient». «UNFI n'essayait pas de s'adapter à ses clients. Il fallait que ses clients s'adaptent à eux», déplorait-on.

Impact positif pour la Coop Alentour

Du côté de la Coop d'Alentour, principal compétiteur d'Aux mille et une saisons, l'impact de la fermeture du centre de distribution de Scotstown se fait déjà sentir. «Je dirais que les effets avaient commencé un peu auparavant, puisqu'on parlait déjà de la fermeture d'Aux mille et une saisons dans le milieu avant l'annonce de la fermeture officielle. Il faut dire que plusieurs préfèrent faire affaire avec des gens du Québec», précise le directeur général de la Coop Alentour, Réal Désautels.

Ainsi, plusieurs clients qui achetaient à la fois de UNFI et de la Coop Alentour ont préféré laisser tomber la multinationale américaine, «du moins pour les lignes de produits qu'on avait en commun», précise M. Désautels.

Au total, il estime avoir ajouté entre 25 et 30 nouveaux noms à sa liste de clients. Il raconte que des manufacturiers québécois, auparavant distribués par UNFI, ont eux aussi choisi de se tourner vers la Coop Alentour. «Aux mille et une saisons, il y avait une belle histoire derrière ça. Marc Périard [NDLR: le fondateur de l'entreprise] était très très impliqué dans la culture québécoise. Avec la vente de l'entreprise, malheureusement, c'est comme si cet esprit s'était détérioré», note-t-il.

Maintenant que l'entrepôt de la rue du Parc est vide, la Ville de Scotstown souhaite enclencher le plus tôt possible les démarches pour trouver un nouvel investisseur. Mais du côté de la Ville, on attend toujours une rencontre avec la direction de UNFI afin de connaître les détails de la suite des choses. «On a laissé plusieurs messages, ainsi que le CLD (Centre local de développement du Haut-Saint-François), mais on a eu aucun retour d'appel, pas même un accusé de réception», souligne la mairesse de Scotstown, Chantal Ouellet.

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