La deuxième chance... une journée à la fois

Un an après avoir survécu à une crise... (Archives, La Tribune)

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Un an après avoir survécu à une crise cardiaque, Maurice Bernier profite de la vie une journée à la fois, la tête encore remplie de projets.

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<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

(LAC-MÉGANTIC) Il y a un an, presque jour pour jour, soit le 22 décembre 2013, celui qui était alors préfet de la MRC du Granit, Maurice Bernier subissait une crise cardiaque qui l'a laissé techniquement mort. Les ambulanciers arrivés in extremis ont dû le réanimer trois fois... Heureusement, 2014, qui avait bien mal commencé, se termine sur une note d'espoir.

Le fameux 22 décembre 2013, il y avait, ce jour-là, une tempête de verglas, une panne d'électricité, sans téléphone ni cellulaire. Maurice Bernier a ressenti un malaise. Il a eu le réflexe et assez de force pour monter dans sa voiture, pensant trouver du secours sur la route. Rendu au village de Piopolis, il s'est arrêté chez des amis, Luc et Lucie Lafontaine. Cette dernière a appelé le 911 et lui a sauvé la vie, d'après lui, car il n'aurait pas survécu s'il avait fallu qu'il se rende plus loin avec son auto.

Un incident qui a eu raison de ses reins qui ne fonctionnaient qu'à 15 pour cent, à cause de problèmes génétiques. Stress professionnel, horaire de la vie de fou d'aujourd'hui, deuils multiples à la suite de la tragédie du 6 juillet 2013; plusieurs causes ont mené à cet infarctus.

«Cet événement a remis en question ma vie personnelle. Je devais entreprendre un tour du monde, j'avais loué une maison en Thaïlande... Les 5, 6 et 7 juillet 2013, j'avais fait une vente de garage chez moi, à Piopolis, dans le but de vendre ma maison, démissionné de la Conférence régionale des élus (CRÉ) de l'Estrie, donné mon appui à Marielle Fecteau pour me remplacer à la MRC du Granit, toutes les dispositions étaient prises... La tragédie est survenue et j'ai été appelé à continuer deux ans de plus. J'ai réalisé plus tard comment j'ai été affecté par le fait de poursuivre. Ce fut une épreuve considérable. On ne peut en faire abstraction», affirme l'ex-préfet, très convaincant.

«Cette tragédie fut une grave épreuve pour tous les gens de Lac-Mégantic, majeure, personnelle à chacun. Plus affectés qu'on pense, c'est une dépression collective qui nous a frappés, comme une nation en guerre. Je connaissais plein de monde parmi les victimes, mon amie Lucie Lafontaine y a perdu sa fille.»

«En conséquence, il m'a fallu réorienter mes plans de retraite et mon action politique. J'ai appuyé la mairesse Colette Roy Laroche et son conseil municipal, dans leurs fonctions. Je ne me suis pas interposé, j'étais en appui seulement, j'ai tenté d'aider Lac-Mégantic et les municipalités autour, du mieux que je pouvais. Après coup, je trouve que ça s'est bien déroulé. Les services des incendies ont collaboré de façon remarquable et le schéma de couverture de risques a donné de bons résultats. Nous avons prêté du personnel, nous avons collaboré à la mise en place des règlements nécessaires et je me suis impliqué à remettre sur pied la MRC dont tous les bureaux avaient brûlé... Nous avons tout perdu!»

Si l'année 2014 a mal commencé, elle se termine bien pour lui. La dialyse lui a redonné de l'énergie et la perspective d'obtenir une greffe de rein, un cadeau qui lui viendrait d'une grande amie, Nicole Robert, préfet du Haut-Saint-François, tôt en 2015, lui redonne espoir.

«Je prends ça une journée à la fois. L'avenir, c'est ce que je suis en train de vivre, le mieux possible, le plus intensément possible, chaque jour que la vie et Dieu m'offrent... Je suis de près ce qui se passe à Lac-Mégantic. Depuis le début... J'ai un projet pour la ville, j'y travaille encore, il va y avoir un déblocage dans les prochains mois, ce projet m'énergise, me fait avancer. La politique, c'est terminé, c'est chose du passé. Je réussis à ne pas m'en mêler à la MRC et à la municipalité, je fais des commentaires à la radio 107,7 et c'est tout, mais j'ai un devoir de réserve, très intéressé mais pas gérant d'estrade. Je me définirais comme un entrepreneur social, attaché au développement de la communauté», conclut-il.

Avec un partenaire, il est devenu chasseur de tête. Il se donne cinq ans avant de se redéfinir, de ce côté-là!

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