L'Ontario s'intéresse à l'expertise de la SQ du Granit

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Daniel Campagna

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Ronald Martel
La Tribune

(LAC-MÉGANTIC) Les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) de la MRC du Granit à Lac-Mégantic ont vécu la tragédie du 6 juillet 2013 de très près et leur directeur aussi, le lieutenant Daniel Campagna. Ils ont traversé de durs moments, car ils connaissaient plusieurs des 47 victimes, ont participé aux premières loges à l'évacuation des citoyens habitant les zones jaune et rouge. L'expertise ainsi développée en situation de crise majeure, à cause des circonstances, a intéressé la province de l'Ontario, dont les autorités souhaitaient en apprendre sur la gestion de la situation par la SQ.

« Nous avons un plan qui s'intitule Filet 4 pour gérer une situation de décès de masse. C'était la première fois qu'on l'appliquait à Lac-Mégantic », révèle Daniel Campagna.

Ce dernier a été invité en octobre dernier à prononcer deux conférences en compagnie du capitaine René Cayer, conseiller en mesures d'urgence à la SQ, une première dans la région de York, en banlieue de Toronto, et la deuxième à Smith Falls.

« Nous avons répondu à certaines questions qui préoccupaient les policiers, pompiers et ambulanciers ontariens : comment on s'y était pris pour faire face à cette crise majeure? Est-ce qu'on s'en est bien remis? Nous sommes rendus où dans le rétablissement? », indique le lieutenant Campagna. « Nous avons des plans de mesures d'urgence, mais peu de choses en ce qui regarde le rétablissement. À ce chapitre, nous avons surtout collaboré avec l'équipe psychosociale du CSSS du Granit et avec la Croix-Rouge canadienne. »

« Nous nous étions préparés selon le Plan national de sécurité civile, car il y a un dicton qui dit : «En temps de paix, prépare la guerre!» Pour nous à Lac-Mégantic, la catastrophe la plus probable était plutôt un crash d'avion... Le 6 juillet 2013, notre tâche est vite devenue de supporter les unités de secours. L'endroit et le temps de l'année nous ont causé un sérieux problème de logistique : dans un temps très court, il a fallu trouver à nourrir et loger 300 policiers du 6 juillet au 6 août! »

« Ce qui m'inquiétait au plus haut point, c'était que mes policiers locaux soient en deuil, en même temps qu'en choc post-traumatique, et qu'ils soient tristes. J'ai fait intervenir le service de santé de la SQ, des gens qui ont une formation spéciale sur mesure pour apporter des soins à un groupe affecté qui doit s'occuper d'un groupe de citoyens affectés. Je ne pouvais pas forcer mes policiers à aller consulter le psychologue, mais je pouvais les assigner à une formation... Très tôt en août 2013, j'ai soumis mes troupes à une formation par petits groupes, ayant pour objectif de reconnaître les signes de détresse pour soi... Nous étions tous très affectés par ce qui est arrivé. »

« Mes policiers ont fait face à la situation, autant que les pompiers, mais avec peu de protection matérielle et sans vraiment d'équipement spécialisé. Je suis encore estomaqué que nous n'ayons eu aucun jour d'absence pour cause de maladie, par la suite, dans mon personnel. C'est étonnant! J'ai toujours voulu prendre soin de mon monde pour qu'il puisse prendre soin de la population », conclut M. Campagna.

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