Sages-femmes: l'Estrie, première de classe

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(SHERBROOKE) Environ 10 % des nouveau-nés estriens naissent avec l'aide d'une sage-femme, soit un peu plus de 300 bébés sur les quelque 3000 naissances répertoriées dans la région. Au Québec, ce sont en moyenne 2 % des bébés qui naissent en présence de l'une de ces professionnelles de la naissance. L'Estrie est donc l'une des seules régions de la province à atteindre la cible de 10 % des naissances fixée par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSSQ).

Le service est si bien développé et si bien ancré dans la région que, chaque année, un certain nombre de femmes ne peuvent être suivies par une sage-femme pendant leur grossesse, faute de disponibilité.

« L'an dernier, nous avons dû refuser une douzaine de femmes. C'est mieux que par le passé. Certaines années, il y a eu jusqu'à 50-60 refus », explique Lyne Castonguay, spécialiste en procédés administratifs à la Maison de naissance de Sherbrooke.

La demande à la baisse pourrait venir de l'ouverture d'une maison des naissances en Montérégie. « Quand le réseau se développe autour, ça enlève de la pression sur notre organisation », soutient Mme Castonguay.

Le projet de développer une deuxième maison de naissance a déjà été dans l'air. En 2011, la Maison de naissance de Sherbrooke, sous la gouverne du CSSS-IUGS, avait d'ailleurs adressé une demande en ce sens au MSSSQ. Demande refusée net. « On nous a dit de développer nos services, mais qu'on ne pouvait pas développer une deuxième maison de naissance alors que certaines régions n'en avaient pas du tout. Le MSSSQ voulait axer son développer sur les régions où il n'y avait aucun service de sage-femme », rappelle Lyne Castonguay.

Il est vrai que le Québec ne compte pour l'instant que 13 maisons des naissances, ce qui laisse certaines régions totalement découvertes.

Clientèle vulnérable

Le MSSSQ a également donné comme mandat aux centres de maternité de prendre davantage en charge les femmes en situation vulnérable. La Maison des naissances est justement en train de développer des processus d'accessibilité dans les quartiers où se trouvent le plus de femmes dans des situations vulnérables.

« Nous développons l'interdisciplinarité des sages-femmes. C'est un métier assez global, mais qui est quand même assez concentré sur l'obstétrique, alors nous pouvons travailler avec d'autres professionnels pour offrir un service vraiment complet », ajoute Mme Castonguay.

Il s'agit aussi d'une autre façon de faire rayonner les services sages-femmes dans le réseau de la santé, d'intensifier leur présence comme intervenantes de première ligne. « On fait parler de nous dans les autres services du CSSS-IUGS, et c'est un bel effet secondaire! »

La Maison de naissance a aussi ajouté un nouveau programme à son arc récemment, le CASA, soit le Centre d'aide et de soutien à l'allaitement, qui est venu en aide à une soixantaine de femmes l'an passé par le biais de soutien et de moments de répit pouvant aller de quelques heures jusqu'à une journée complète.

« On ne peut pas augmenter le nombre de femmes que l'on peut suivre, mais on augmente les services que l'on offre », conclut Lyne Castonguay.

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