Bisbille chez les producteurs de sirop d'érable du Québec

Vingt-sept ans après que l'Assemblée nationale eut conféré à la Fédération des... (Archives La Tribune)

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Yanick Poisson
La Tribune

(PRINCEVILLE) Vingt-sept ans après que l'Assemblée nationale eut conféré à la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) le mandat de mettre en marché le sirop d'érable québécois, il y a encore aujourd'hui une poignée d'exploitants qui refusent d'envoyer le fruit de leurs récoltes à leur syndicat.

Insatisfaits de l'offre qu'on leur fait pour le paiement de leurs trésors sucrés, des producteurs choisissent, saison après saison, de développer leurs propres corridors de vente, une autonomie qui leur coûte cher en tracas et en frais d'avocat.

Angèle Prince et son conjoint Réjean Trottier ont candidement adhéré au plan conjoint au cours des premières années, envoyant à la Fédération le résultat de leurs récoltes. Ils ont toutefois eu du mal à être payés. En fait, ils n'ont pas encore reçu la totalité des sommes dues pour leur sirop de 1991.

« Avant que cette mesure soit en vigueur, quelqu'un venait chercher nos récoltes chaque semaine et on recevait un chèque la semaine suivante. La Fédération ne nous a pas payé en totalité nos premières récoltes », raconte Mme Prince.

Le couple d'acériculteurs princevillois a rapidement eu des démêlés avec la Fédération. Depuis ce temps, les menaces et les mises en demeure abondent. En 2013, des représentants de la FPAQ se sont présentés sur leurs terres afin de les intimider. La situation est difficile pour la petite entreprise de moins de 150 000 entailles.

« Depuis 2009, c'est pire que jamais. Ils nous achalent pas mal avec leurs visites et leur courriel recommandé. Il faudrait que l'on paie pour un avocat. C'est comme si le sirop n'était pas à nous, il est pourtant le nôtre, on peut en faire ce qu'on veut », fulmine la productrice, brandissant la Charte canadienne des droits et libertés.

Ce qui semble le plus aberrant pour Angèle Prince, c'est que la Fédération a été créée en 1966 afin de défendre les intérêts des acériculteurs et que c'est cette même Fédération qui met leur entreprise en péril.

« C'est un syndicat, il est là pour nous défendre, comment peut-il nous poursuivre, s'interroge-t-elle. Le gouvernement a passé deux lois contradictoires qui s'annulent. En ce qui me concerne, la Fédération est une ineptie, elle n'existe pas », ajoute-t-elle.

Une exception

Selon l'agente de communication à la FPAQ, Caroline Cyr, la loi sur la mise en marché des produits de l'érable a été conçue par et pour les acériculteurs et les producteurs contrevenants constituent une infime minorité. Ils sont d'ailleurs nombreux à participer à la vie active de la Fédération.

« C'est comme dans n'importe quoi, il y en a toujours quelques-uns qui n'entrent pas dans les rangs. Pour eux, il y a des pénalités, souvent financières, explique-t-elle. Cette façon de faire convient à la majorité des producteurs. Ils sont d'ailleurs nombreux à participer à nos assemblées générales. »

Au cours des dix dernières années, le prix accordé aux acériculteurs québécois pour leur sirop est passé de 2,30 $ à 2,92 $ la livre, ce qui représente une majoration de près de 30 %. « Le prix consenti aux acériculteurs a toujours augmenté. Il leur garantit une certaine stabilité dans leurs revenus », conclut Mme Cyr.

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