Démolition au centre-ville de Lac-Mégantic: des rapports sèment le doute

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Jonathan Santerre

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Ronald Martel
La Tribune

(LAC-MÉGANTIC) Seulement neuf bâtiments sont contaminés sur les 37 condamnés à la démolition au centre-ville de Lac-Mégantic. Du nombre, quatre l'étaient déjà avant la tragédie du 6 juillet 2013. Parmi les autres immeubles, 21 ne présentaient aucune trace de contamination quand les élus de Lac-Mégantic ont signé leur arrêt de mort.

Avec la Loi sur l'accès à l'information, le responsable de la page Facebook et instigateur du mouvement Le Carré Bleu Lac-Mégantic, Jonathan Santerre, a finalement obtenu 34 des 39 rapports de la firme Golder sur la contamination des édifices du centre-ville de Lac-Mégantic. Ces rapports livrent des informations que M. Santerre juge primordiales; selon lui, le conseil municipal de Lac-Mégantic aurait même dû les rendre publiques pour étoffer sa décision de démolir tout le centre-ville sinistré.

«Même que seulement quatre bâtiments sont lourdement contaminés, avec des volumes de sols à traiter de 86 à 449 mètres cubes. Cela semble indiquer que la contamination est beaucoup moins sévère et répandue qu'on le laisse croire», commente M. Santerre.

«De plus, lors du discours de la mairesse Roy Laroche, le 29 octobre, où elle annonçait la décision de tout démolir, en aucun temps elle n'a mentionné ces informations sur l'état réel de la contamination ni du nombre de bâtiments contaminés. Aucune mention non plus des scénarios de décontamination sans démolition contenus dans chacun de ces rapports, soit le soutènement, le déplacement ou le traitement in situ des bâtiments proposés par la firme Golder. On ne mentionne pas dans ces rapports qu'une technique ne garantit pas la décontamination à 100 pour cent, argument pourtant avancé par la mairesse pour appuyer sa thèse de la démolition», continue Jonathan Santerre.

Ce dernier attend encore certains documents de la part du ministère de l'Environnement, soit L'estimation budgétaire des options de réhabilitation des bâtiments prioritaires, ce qu'il croit intéressant pour juger de la différence des coûts de chaque option. Il attend aussi L'évaluation des conditions environnementales des bâtiments dans la zone d'intervention - Lac-Mégantic, produite par la firme Golder. Il aimerait également voir les rapports hebdomadaires de l'entreprise AECOM, qui a le mandat de s'occuper de l'entretien des bâtiments du centre-ville sinistré.

«C'est dommage qu'on doive faire toute cette recherche. Il aurait fallu que la Ville rende publiques toutes ces informations pour appuyer ses affirmations quant à sa décision de démolir, ce qui ne se tient pas. Ça semble vraiment ne pas être la bonne raison de la démolition. La mairesse a évoqué les banquiers. Mais lesquels? La Caisse populaire Desjardins, la Banque Nationale? Quels experts sont intervenus pour influencer la Ville? Quels assureurs? Par ailleurs, aucun des rapports de Golder ne suggère la démolition complète», fait remarquer M. Santerre.

«La mairesse déclare que nous faisons naître un climat de suspicion. Mais logiquement, ce serait le temps pour elle de s'expliquer davantage, par souci de transparence, par exemple quant au nombre d'édifices contaminés. Ses arguments et ses preuves ont fait défaut jusqu'à maintenant. Elle dit qu'il y a d'autres études qui ont été publiées depuis ce temps. Mais au Ministère, on n'en trouve aucune... Avec ce qu'on a sous les yeux, il n'y a pas de raison de tout démolir. La population devrait réagir.»

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