Garderies privées: parfois moins chère que le CPE

En un mois, Véronique Piatera s'est fait offrir à trois reprises une place en... (Imacom, René Marquis)

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) En un mois, Véronique Piatera s'est fait offrir à trois reprises une place en CPE à 7 $. À trois reprises, elle a passé son tour, préférant que ses deux enfants fréquentent la garderie privée Choco-Vanille qui facture pourtant 36 $ par jour par bambin.

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Sandrine Laplanche-Reif

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«On ne s'est même pas posé la question. Ce milieu-là nous plaît. Il rejoint nos valeurs. Noa y était bien et je l'avais déjà changé deux fois de milieu de garde pour d'autres raisons avant d'arriver ici», explique la Sherbrookoise.

Avec tout ce qui s'est dit et écrit depuis que le gouvernement Couillard a annoncé il y a deux semaines la modulation des tarifs dans le réseau des centres de la petite enfance, La Tribune a voulu voir comment ça se passait dans les garderies privées non subventionnées.

«On est un peu la bête noire», constate la propriétaire de Choco-Vanille, Sandrine Laplanche-Reif. Car il semble y avoir beaucoup de confusion entre les garderies privées comme la sienne, une installation de 40 places reconnue par le ministère de la Famille même si elle est non subventionnée, et d'autres types de services de garde dont les garderies au noir.

«On y perd un peu de nos lettres de noblesse, pourtant on a un permis du ministère, on respecte les mêmes normes que les CPE, les mêmes règlements, les mêmes ratios et on subit les mêmes inspections. J'ai mis deux ans à remplir toutes les exigences pour obtenir mon permis!»

Ce qui est moins connu, aussi, c'est qu'avec le jeu des déductions fiscales au provincial et au fédéral et selon le revenu familial, la facture peut être moindre que les 7,30 $/jour actuellement en vigueur dans le réseau subventionné.

«J'ai de tout comme clientèle, dit Mme Laplanche-Reif. Des étudiants, des professeurs, des employés du CSSS-IUGS en face de chez moi. Pour certains, mon service revient à 2 ou 3 $/jour et pour plusieurs c'est autour de 10 à 12 $/jour.»

«J'aurais peut-être pu améliorer de quelques dollars le salaire des éducatrices qui travaillent avec moi.»


Pour compléter le portrait, le ministère du Revenu a également mis en place un système de remboursement anticipé qui évite aux familles d'attendre la période des impôts pour encaisser les crédits provinciaux auxquels elles ont droit, si bien qu'une fois par mois, les parents utilisateurs touchent leur dû avant de payer la garderie.

«J'ai une liste d'attente de plus de 100 noms», dévoile Mme Laplanche-Reif, qui a réfléchi une seule fois depuis son ouverture en 2011 à la possibilité de demander une accréditation pour se transformer en installation à 7 $.

«J'aurais peut-être pu améliorer de quelques dollars le salaire des éducatrices qui travaillent avec moi», dit-elle, mais elle a vite écarté cette option. Et tout le monde s'en porte très bien puisque ses employées, comme sa clientèle, lui sont fidèles.

À voir aller le débat sur la fin du tarif unique dans les CPE et la modulation des frais selon le revenu des parents, les deux femmes se trouvent aujourd'hui à nouveau confortées dans leur choix.

«Je ne suis pas convaincue, de toute façon, que l'argent est le fond du problème dans toute cette histoire, dit Sandrine Laplanche-Reif. Je crois que c'est plus parce qu'on retire quelque chose aux gens (NDLR.: le tarif unique) qui leur semblait acquis.»

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