Les admirateurs du peintre Coburn dénoncent une publicité de Vidéotron (vidéo)

Dénigrante et «anti-art», la nouvelle publicité de Noël de Vidéotron? Lancée il... (Capture d'écran YouTube)

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<p>Christine Bureau</p>

(Melbourne) Dénigrante et «anti-art», la nouvelle publicité de Noël de Vidéotron? Lancée il y a cinq jours, cette annonce raconte les tribulations de la famille Patenaude le soir de Noël et surtout, la déception que ressent Jean-Françis lorsqu'il déballe son cadeau : une oeuvre d'art signée Chabot

The Red Sleigh, du peintre Frederick S. Coburn.... - image 1.0

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The Red Sleigh, du peintre Frederick S. Coburn.

Le hic? Le Chabot en question ressemble en plusieurs points à The Red Sleigh, un tableau du peintre Frederick S. Coburn, mort en 1960. Pour se consoler, Jean-Françis déclare dans la publicité tenir entre ses mains «la mémoire d'un peuple», ce qui ne manque pas de faire rire celui qui a reçu en cadeau un enregistreur Illico 8X.

«En utilisant une image aussi suggestive d'une toile de F.S. Coburn, c'est une insulte directe à notre patrimoine. L'artiste est reconnu pour ses représentations du passé rural de notre pays, tant et si bien que ses tableaux sont reproduits sur les cartes de souhaits du temps des Fêtes», a réagi la petite-nièce du peintre, Teresa Coburn.

Pour ceux qui défendent la mémoire de Frederick S. Coburn, né et mort à Melbourne, la publicité est offensante. «Je suis en colère. C'est une toile emblématique de Coburn. C'est certain que ça m'a interpellée. On a travaillé très fort pour remettre Coburn sur la carte», soutient l'ancienne agente culturelle du Centre local de développement (CLD) du Val-Saint-François, Annie Vincent. «La MRC l'a choisi comme icône culturelle.»

Plus encore, c'est le message lancé à la communauté artistique qui déplaît, comme si les arts visuels faisaient de bien mauvais cadeaux. «Si les gens adhèrent à un message de Noël aussi négatif, ce n'est rien pour rendre service aux artistes et aux gens qui travaillent si fort à mettre en valeur et préserver notre patrimoine culturel», a poursuivi Teresa Coburn, qualifiant la publicité d'«anti-art».

«C'est dénigrant pour les artistes», a renchéri Annie Vincent, qui espère que la MRC du Val-Saint-François adressera une plainte officielle à Vidéotron.

L'enjeu n'en est pas un de droits auteurs, ajoutent-elles. Comme le prévoit la loi canadienne, les oeuvres d'un artiste mort depuis plus de 50 ans font partie du domaine public. Et ce 50e anniversaire, la MRC Val-Saint-François l'a déjà souligné en 2010, sous la supervision d'Annie Vincent.

Un vrai «Chabot»

Interpellé par une résidante du Val-Saint-François sur Twitter, un représentant de Vidéotron a rappelé que la toile n'est pas signée Coburn, mais bien «Chabot».

«Si c'était vraiment un Coburn, JF aurait toute une surprise», a-t-il écrit en ajoutant un lien internet qui permet de constater qu'une toile de Frederick S. Coburn peut valoir jusqu'à 60 000 $. L'intention n'est pas de dénigrer l'art, insiste-t-il.

«L'idée était de démontrer avec humour qu'il faut bien connaître les goûts d'une personne pour lui offrir un cadeau qui lui plaira. Celui-ci aurait pu être un chandail ou un parfum!» a-t-il poursuivi.

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