Quel avenir pour les CLD?

Josée Fortin... (Archives La Tribune)

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Josée Fortin

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) Dans ses efforts pour assainir les finances publiques, le gouvernement de Philippe Couillard a annoncé au début du mois une révision de la structure de gouvernance en matière de développement économique et régional.

Chaque MRC de la province doit choisir de rapatrier sous son aile les services de développement économique ou de continuer à les déléguer à un CLD ou à un organisme équivalent. La décision doit toutefois tenir compte d'une réduction de 55 % des transferts financiers de l'État vers les centres locaux de développement.

En Estrie, pour les sept CLD combinés, cela représente 1,9 million $ qui devra être coupé dans l'administratif puisque Québec a convenu de maintenir les fonds disponibles pour les entreprises.

Certains ne s'en sortiront pas sans sacrifier quelques employés, ce qui fait craindre par ailleurs pour la perte d'expertise et de savoir-faire.

Alors que les municipalités et les MRC planchent sur la préparation des budgets de 2015, les choix s'annoncent difficiles dans les régions. La Tribune a voulu savoir où on en était dans les sept MRC de l'Estrie.

À Sherbrooke, dès le début de novembre, on statuait que Sherbrooke Innopole allait poursuivre ses activités avec la même structure et les mêmes filières clés. L'organisme attend la résolution du conseil municipal qui confirmera cette intention et surtout le financement qui viendra avec le mandat.

Sherbrooke Innopole est financé au deux tiers par la Ville et au tiers par Québec. Les compressions de 55 % annoncées dans les transferts de l'État pour 2015 représentent 568 000 $, qui s'ajoutent aux coupes de 10 % (115 000 $) subies en 2014.

Depuis l'arrivée en poste de Josée Fortin à la direction générale en août 2013, l'équipe de Sherbrooke Innopole a réduit ses effectifs de trois salariés. Le scénario budgétaire remis à la Ville pour 2015 laisse croire qu'on pourra s'en sortir sans autre abolition de poste, dévoile Mme Fortin.

À ce moment-ci, la directrice générale de Sherbrooke Innopole n'a pas la certitude, par ailleurs, que le gouvernement affectera au développement économique le 45 % des transferts promis. Et elle ignore si la Ville de Sherbrooke compensera le désengagement financier de l'État. « Si le résiduel n'arrivait pas, prévient-elle, il y aura des choix à faire qui seront très difficiles. (...)Il y a des limites à faire plus avec moins. »

Dans la foulée de l'adoption du budget municipal en décembre, Sherbrooke Innopole s'attend à ce que la Ville confirme avant les Fêtes ses orientations en matière de développement économique.

Les trois premiers mois de 2015 vont alors servir à revoir les actions et la planification stratégique en fonction des nouveaux paramètres, mais Mme Fortin reste positive et réaliste : « On va trouver le moyen d'offrir le même service aux entrepreneurs sherbrookois ».

Sherbrooke Innopole emploie 18 personnes.

MRC des Sources

À partir du 1er janvier, la mission du CLD des Sources sera complètement assumée par la MRC. Cinq employés sont remerciés, dont le directeur général Rachid El Idrissi qui occupait cette fonction pour les deux entités. Ces cinq abolitions de poste représentent le tiers des effectifs du CLD.« On a voulu être proactifs et s'assurer que l'ensemble des sommes versées seront disponibles pour faire du développement », avance le préfet et président du CLD Hugues Grimard pour expliquer cette annonce rapide.

En procédant dès maintenant, la MRC des Sources sera restructurée dès le premier jour de la nouvelle année fiscale et cela permettra de maximiser la gestion financière, fait-il valoir. Le conseil des maires a aussi voulu rassurer le personnel qui vivait beaucoup de pression causée par l'incertitude, ajoute M. Grimard.

À la MRC des Sources, les compressions représentent 375 000 $ dans un budget financé aux deux tiers par l'État et au tiers par les municipalités. « La compression fait doublement mal chez nous parce que les ratios de financement ont été inversés à cause des difficultés de l'industrie du chrysotile. »

M. Grimard assure par ailleurs que les changements touchent uniquement la structure administrative du CLD-MRC et que tous les fonds d'aide au développement restent disponibles, de même que l'expertise dans les différents secteurs d'activités.

MRC du Granit

Le CLD du Granit était déjà en mode restructuration à l'arrivée en poste du directeur général François Chalifour en septembre. L'organisme s'estime donc en bonne position par rapport à d'autres CLD de la province puisque l'équipe d'employés a été réduite au minimum, qu'on travaille un projet de relocalisation commun avec la MRC qui générera d'autres économies et qu'un gel des dépenses est en vigueur.« On est quasiment à égalité avec la compression de 212 000 $ dans notre budget de 2015 », assure M. Chalifour.

La MRC du Granit souhaite maintenir les deux organisations indépendantes, révèle-t-il, mais il y a trop de questions en suspens, à ce moment-ci, pour définir la structure de développement économique qui perdurera après 2015.

« Nous nous donnons un an pour fignoler le plan et planifier la relocalisation. On ne veut surtout pas prendre de décision hâtive », dit M. Chalifour, qui assure que le dynamisme est très bon dans sa région.

« Avec ce qui est arrivé à Lac-Mégantic, c'est exponentiel l'importance du développement économique chez nous. On va se retrousser les manches. »

Le CLD du Granit emploie 7 personnes.

MRC du Haut-Saint-François

Le CLD du Haut-Saint-François reste en place en 2015. « Il y a trop de questions en suspens et trop de mouvance, dit son directeur général Dominic Provost. On va s'arranger pour absorber la compression et on se donne l'année pour se remettre en question et réfléchir à la nouvelle structure. »Celui qui agit également comme directeur général de la MRC assure que les frais de gestion du CLD ont déjà été réduits au minimum.

Le plan de compression budgétaire doit être annoncé sous peu à la dizaine d'employés pour être mis en place en décembre. On parle d'un manque à gagner de 286 000 $ dans le budget de l'organisme qui va entraîner nécessairement quelques abolitions de poste, sur lesquelles M. Provost a refusé d'élaborer « par respect pour les employés ».

Le directeur général ne cache pas une certaine inquiétude. « C'est le développement rural qui occupe la plus grande partie de nos efforts. Là, on va être moins pour faire tout le travail. C'est sûr que ça va diminuer la force de frappe du développement économique. Je ne dis pas qu'on ne fera plus rien, mais ça va être difficile. »MRC du Val-Saint-FrançoisLe CLD du Val-Saint-François navigue en plein brouillard quant à son avenir. Le conseil des maires de la MRC doit statuer sur son sort à son assemblée ordinaire du 17 décembre. Le directeur général Jocelyn St-Jean et son équipe sont dans l'expectative de connaître leur nouveau mandat, mais les élus, constate M. St-Jean, sont aussi en attente d'instructions plus claires du gouvernement provincial.On sait par contre que la coupe de 55 % dans les transferts de l'État représente un manque à gagner de 182 000 $ dans le budget du CLD qui emploie six personnes pour remplir sa mission entrepreneuriale.

« Tout mon monde est là jusqu'au 31 décembre. On continue à développer et à prendre des projets. Le jour où ça va changer, on va s'ajuster et les dossiers vont suivre dans la nouvelle structure. 2015, c'est demain, convient M. St-Jean, mais on va toujours travailler à faire le maximum avec l'argent disponible. »

MRC de Coaticook

Comme plusieurs homologues de la région, le conseil des maires de la MRC de Coaticook a réservé à son budget 2015, mercredi soir, la même quote-part pour le développement économique qu'en 2014. Mais il n'a pas encore décidé de l'abolition ou du maintien de la structure CLD.« Les maires n'avaient pas vu venir ce changement majeur, explique le directeur général de la MRC Dominick Faucher. Or on reçoit encore chaque jour des informations du ministère des Affaires municipales et du ministère de l'Économie sur les changements demandés. »

« C'est sûr qu'il y aura des choix difficiles à faire, mais le conseil a toujours dit qu'il voulait maintenir les services aux entreprises et à la population », précise M. Faucher.

La décision sera vraisemblablement annoncée en décembre. La MRC de Coaticook jongle avec un manque à gagner de 163 000 $. Son CLD emploie 11 personnes.

MRC de Memphrémagog

«C'est la fin du CLD pour la MRC de Memphrémagog. Il y aura une nouvelle structure de créée au cours des prochains mois» pour offrir les services de développement économique, a résumé le préfet Jacques Demers.Après plusieurs réunions d'un comité de transition formé pour réfléchir à la suite des choses, l'annonce a été faite aux employés hier. M. Demers n'a pas voulu préciser combien de postes étaient abolis.

Le CLD de Memphrémagog doit composer avec une coupe de 193 000 $ et il compte 11 employés.

Dans son budget adopté mercredi soir, le conseil des maires a reconduit sa quote-part au même niveau que l'an dernier. Le préfet a par ailleurs déploré avoir eu trop peu d'informations sur les orientations gouvernementales avant la préparation des budgets municipaux.

Le directeur général du CLD, pour sa part, n'a pas répondu à la demande d'entrevue de La Tribune.

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