Un bon test pour le ministre de l'Agriculture, estime l'UPA Estrie

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(Sherbrooke) «Il y a déjà des producteurs qui m'ont appelé ce matin [dimanche]. Je pense que ça va être un bon test pour notre ministre de l'Agriculture...»

Le rapport Robillard sur la révision des programmes gouvernementaux déposé hier n'est pas tendre envers le secteur de l'agriculture. Le président de l'UPA Estrie, François Bourrassa, espère que le ministre Pierre Paradis défendra son secteur contre les suggestions de coupures.

Selon la Commission permanente de révision des programmes, le Programme d'assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA), créé pour garantir un revenu acceptable aux producteurs, devrait notamment être aboli, ce qui générerait des économies de 300 millions de dollars. Une révision de l'ensemble des programmes de soutien aux producteurs, notamment ceux ayant trait aux crédits de taxes foncières, serait aussi au programme.

«L'Institut de recherche en économie contemporaire (IREC) a sorti la semaine passée deux études qui confirment l'importance du secteur agricole et agroalimentaire quant aux emplois et au PIB, et qui affirment que le soutien gouvernemental québécois n'était pas plus élevé qu'en Commission européenne, bien qu'un peu plus qu'aux États-Unis. Je suis sûr que le ministre va se servir de ces chiffres pour négocier et garder les investissements gouvernementaux en agriculture, parce qu'ils sont très rentables», affirme d'entrée de jeu M. Bourrassa.

Le rapport avance que l'aide gouvernementale aux agriculteurs est plus importante au Québec qu'ailleurs au Canada, une générosité qu'il faudrait remettre en question. «Ici, l'agriculture rapporte beaucoup plus à l'économie, parce qu'on ne fait pas juste produire, on transforme beaucoup», nuance le président. «Au Québec, c'est 70 % de la production qui est transformée ici, alors que dans le reste du Canada, c'est autour de 30 %. Et nos entreprises de transformation sont plus petites en générale, elles ont une durée de vie plus longue et moins tendance à déménager.»

Des surplus nécessaires

La Financière agricole du Québec a un surplus de 500 M$, mais il ne faudrait pas croire qu'il s'agit d'argent qui peut lui être retiré sans conséquence, soutient M. Bourrassa. «Si on vide la caisse et qu'un jour on a une autre crise de la vache folle ou une situation de baisse de prix drastique dans une production, puis que ça prend un an ou un an et demi de négociations pour ramener des sous à la Financière... Un remède c'est efficace seulement si c'est pris au bon moment!» dit-il, évoquant des fermetures de productions quand les temps sont plus durs.

«Si on pensait que les coupures de 113 M$ à la Financière agricole [NDLR : annoncées le mois dernier] étaient acceptables, les 300 M$ supplémentaires, c'est vraiment insupportable. Une partie de cet argent, c'est aussi les producteurs qui l'ont investi. La prime est payée à plus de 33 % par les producteurs, et même 50 % dans le cas des gros producteurs. Ce n'est pas seulement de l'argent qui provient du ministère de l'Agriculture.»

Au-delà des raisons strictement économiques, il y a aussi un impact social à ces coupures, soutient François Bourrassa. «L'agriculture, ça occupe le territoire. On est des jardiniers du paysage, on occupe les régions comme pas beaucoup d'industries le font. Si on comptabilise ça en plus des gains au niveau de l'emploi et du PIB, je continue de penser qu'investir en agriculture, c'est un très bon emploi de l'argent.»

 - Avec La Presse Canadienne

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