CPE : les plus riches peuvent payer plus

« Je trouve que c'est bien, une modulation des tarifs faite selon le salaire.... (Archives La Tribune, Jessica Garneau)

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(Sherbrooke) «Je trouve que c'est bien, une modulation des tarifs faite selon le salaire. Les gens mieux nantis ont plus de moyens que les petits salariés, ils peuvent se permettre de payer plus.»

Avec cette déclaration, le Magogois Mario Morin résumait bien la réaction de plusieurs Estriens croisés vendredi au Carrefour de l'Estrie lorsqu'on leur demandait ce qu'ils pensaient de la modulation des tarifs des garderies subventionnées selon le revenu des parents.

«Les plus riches, qui gagnent en haut de 75 000 $ par année, ont d'après moi les moyens de payer plus. Mais c'est sûr que je suis contre le fait de faire payer davantage les plus pauvres. Quand ç'a un lien avec les enfants, ça me touche beaucoup. Certains n'ont pas le choix d'envoyer leurs enfants à la garderie, le gouvernement devrait donner accès à tout le monde aux garderies», affirmait pour sa part Claude Pinel, de Sherbrooke.

Parce qu'au-delà du prix des dites garderies subventionnées, il y a également l'accès à celles-ci qui pose problème.

Un exemple : la Sherbrookoise Marilyn Gosselin, qui restera à la maison avec sa fille âgée de sept mois, Fiora. «Les garderies à 7 $, c'est impossible de rentrer là. J'ai fait les démarches à partir du moment où j'étais enceinte de deux mois, mais je n'ai jamais réussi à avoir de place», déplore-t-elle.

Dans le privé, elle dit n'avoir rien trouvé en dessous de 35 $ par jour, un prix trop élevé pour qu'elle puisse y envoyer sa fille.

Quant à la modulation des tarifs, Mme Gosselin affirme trouver cela correct, à condition que ceux qui contribuent plus ne se retrouvent pas d'un autre côté avec des crédits d'impôts qui leur permettent d'alléger leur déclaration. «Il faut que les bonnes personnes paient pour les bonnes choses.»

Manon Cloutier, du Canton de Cleveland, se rappelle que lorsque ses enfants allaient à la garderie, elle déboursait 20 $ par jour, à partir de son salaire de couturière. «Pour ceux qui font beaucoup d'argent, 20 $, ce n'est pas beaucoup. Je trouve ça correct que ce soit modulé selon les revenus de chacun, c'est injuste que ce soit le même prix pour tout le monde.»

Une attaque à l'universalité

Certains s'opposent toutefois à la modulation; c'est notamment le cas de Dominique Bérard, de Sherbrooke. «Ça me désole. Je n'ai plus d'enfants en âge d'aller à la garderie, mais je trouve qu'on vient de faire disparaître un programme universel. On était peut-être en avance avec ça, et là, on le perd. On peut toujours dire que les gens qui sont plus riches peuvent payer plus, mais le programme était à visée universelle, c'est ça qu'on a perdu. Ça n'aura peut-être pas tellement d'impact sur la vie des plus riches, mais en même temps, ils paient déjà plus d'impôts.»

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