Rivière Bulstrode: un casse-tête pour Victoriaville

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Yanick Poisson
La Tribune

(VICTORIAVILLE) Si le déplacement de la rivière Bulstrode attribuable à la sédimentation importante du cours d'eau est problématique pour certains propriétaires riverains, il donne carrément des maux de tête aux élus victoriavillois.

Un meilleur drainage des terres agricoles situés en amont, combiné avec l'étalement urbain et l'augmentation du nombre de routes asphaltées a eu pour effet d'augmenter de façon considérable la quantité de matière à intégrer les cours d'eau. Si on ajoute à cela une réglementation plus que contraignante en ce qui a trait aux interventions dans l'eau et une période de changements climatiques, on obtient un résultat qui frôle la catastrophe.

« Chaque année à Victoriaville, c'est l'équivalent de 2000 camions-remorques de sédiments qui se retrouvent dans le réservoir Beaudet. C'est évident que c'est problématique », confirme le conseiller à la Ville de Victoriaville, Marc Morin.

Depuis quelques années déjà, la Municipalité multiplie les démarches visant ultimement le dragage du réservoir créé artificiellement en 1973 afin de constituer une source d'eau potable pour les résidents. D'étude en étude, il apparaît clair qu'il faudrait apporter des corrections en amont afin de régler le problème à la source. Victoriaville

« Il faut travailler en amont du cours d'eau afin de s'assurer qu'on limite l'apport de sédimentation dans le réservoir. Pour ce faire, il faudra travailler avec des intervenants qui ne se retrouvent pas nécessairement dans notre municipalité : des propriétaires terriens, des agriculteurs, d'autres localités », a expliqué le directeur général de Victoriaville, Martin Lessard.

En 2007, lorsque la problématique est apparue pour la première fois dans les cartons de la Municipalité. On avait évalué à 6 millions $ le coût des travaux de dragage du bassin.

Des pistes de solution

Interpellé par la sortie des maires de la MRC d'Arthabaska en début de semaine, l'Organisme de concertation pour l'eau des bassins versants de la rivière Nicolet (Copernic) a fait l'état d'une série de solutions qui permettraient de régler la situation.

Il est notamment question d'enrochement et de dragage, certes, mais aussi de solutions ciblant les causes premières du problème comme le changement de zonage de terrains situés à proximité du cours d'eau.

« Le débat devra être assez ouvert pour considérer que certaines zones riveraines cultivées, forestières ou habitées sont potentiellement des gouffres financiers et que des vocations différentes doivent être envisagées; si ces cas se présentent une compensation financière serait indispensable par souci d'équité pour les propriétaires visés », soutient la directrice générale de l'organisme, Karine Dauphin.

Selon cette dernière, il est nécessaire, avant toute chose, de s'assurer d'avoir une connaissance profonde du territoire et de l'historique hydrique avant de poser des gestes dans le cours d'eau, mais la rigidité du protocole d'intervention actuel devra être revue afin d'éviter les retards indus et l'approche coûteuse via l'ingénierie classique, au dépend des systèmes écologiques.

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