Les agriculteurs s'offrent un service de remplacement

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Yanick Poisson
La Tribune

(VICTORIAVILLE) Vingt-deux agriculteurs des MRC d'Arthabaska et de l'Érable se sont regroupés afin de créer un service de remplacement qui leur permettra de prendre quelques semaines de vacances et de souffler un peu en cas d'accident ou de maladie.

«On ne le fait pas tant pour nous, mais pour notre relève. Les réalités sont différentes de nos jours et on voit beaucoup de jeunes familles qui éclatent parce que le métier d'agriculteur est trop prenant, il y a beaucoup de pression, ça nécessite beaucoup d'implication», explique le président de la Coopérative de solidarité de services de remplacement agricole, Éric Houle.

La Coopérative a été formée à l'issue d'un projet-pilote d'une année mené par le Centre d'innovation sociale en agriculture (CISA) du Cégep de Victoriaville. Elle est essentiellement l'inspiration de 40 ans de travail en France. Elle a réuni un total de 34 agriculteurs. Pour l'instant, 22 d'entre eux ont adhéré à la Coopérative, d'autres devraient le faire prochainement et quelques-uns pourraient déclarer forfait pour des considérations financières.

«Il y a évidemment des coûts rattachés à ce service et ils sont supérieurs à ceux du projet-pilote puisque nous ne bénéficions pas du financement relié à la recherche», explique M. Houle.

La Coopérative aimerait que le gouvernement accepte d'offrir un crédit d'impôt de 50 % sur l'utilisation de ce service pour une période de deux semaines. Au cours des prochains mois, les membres de l'organisme, épaulés des élus de la région, feront des démarches afin de présenter leur projet.

«On estime que deux semaines de vacances ce n'est pas trop demander pour ceux qui nourrissent le monde», statue le président.

Les membres de la Coopérative ont notamment trouvé une oreille attentive auprès du président de l'Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau. Ce dernier estime que le service de remplacement est enfin une solution viable au problème de relève dans le secteur agricole. On estime que c'est 35 % des fermes qui seront mises en vente au cours des cinq prochaines années faute de relève. L'âge moyen de l'agriculteur est de 51 ans.

«À l'époque, on allait aider le voisin lorsqu'il avait besoin d'un coup de main. Maintenant, il y a beaucoup moins d'entreprises agricoles et elles sont plus éloignées. Je crois que ce service permettra à des entreprises de trouver de la relève. Il servira à créer des occasions», suggère-t-il.

Au moment d'écrire ces lignes, la Coopérative offre ses services à tous les agriculteurs du Centre-du-Québec, mais principalement aux fermes laitières des MRC d'Arthabaska et de l'Érable.

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