Les ex-mineurs d'Asbestos exigent une compensation

Marcel Bachand... (La Tribune, Yvan Provencher)

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Marcel Bachand

La Tribune, Yvan Provencher

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Yvan Provencher
La Tribune

(Asbestos) Les ex-travailleurs de Mine Jeffrey réclament leur part à la suite de l'entente intervenue entre l'entreprise et le gouvernement du Québec, établissant un règlement de remboursement en faveur des actionnaires de la mine suite au retrait du prêt de 58 M$ ayant entraîné la fermeture du complexe minier. Mais les démarches effectuées par leur syndicat n'ont à ce jour donné aucun résultat concret.

Président du Syndicat national de l'amiante, affilié à la CSD, Marcel Bachand soutient que les temps sont durs pour bon nombre de travailleurs. Il ne comprend toujours pas que le gouvernement ait fermé la porte à une entreprise pour le maintien et la création de 500 emplois, et ce, sans se soucier des travailleurs concernés.

«Nous avions un régime de retraite permettant de vivre décemment sans avoir besoin de supplément de revenu de pension du gouvernement fédéral à 65 ans. Notre fonds de pension a été coupé de 40 % lors de la distribution des sommes aux travailleurs et retraités, suite à l'application de la loi de la protection des faillites de Mine Jeffrey. À cela s'est ajoutée une nouvelle coupe annuelle de 4 % pour les travailleurs de 55 à 60 ans. En moyenne, les travailleurs, entre 700 et 800 personnes, ont reçu de 5000 $ à 100 000 $ en 2004. Dix ans plus tard, il ne reste à ces travailleurs pratiquement rien, puisqu'ils ont également perdu leur assurance-vie, médicaments et autres bénéfices marginaux de la minière.»

Entre 2004 et 2010, un petit nombre de personnes ont travaillé en moyenne de 3 à 4 mois annuellement, retirant sporadiquement ou non des prestations d'assurance-emploi selon le nombre de semaines travaillées. Les activités minières étaient alors au ralenti et étaient maintenues avec l'espoir d'une relance avec un projet d'exploitation souterraine de la mine, espoir qui s'est envolé en 2012 avec l'élection du gouvernement Marois et l'annonce du retrait du prêt de 58 M$ consenti quelques mois précédemment par le gouvernement de Jean Charest.

Marcel Bachand n'a rien contre le fait qu'une entente ait été finalisée entre le gouvernement et les actionnaires de Mine Jeffrey. «Je suis content pour eux, mais pour les ex-travailleurs, toujours rien à ce jour, ce malgré de nombreuses représentations avec l'ancien et le nouveau gouvernement. Notre députée Karine Vallières agit présentement comme intermédiaire avec le gouvernement. Nous espérons toujours obtenir une compensation à déterminer pour nos travailleurs syndiqués, employés de bureau et contremaîtres, ce par respect et pour le bien de ces personnes qui en ont grandement besoin.» Environ 160 ex-employés pourraient être touchés par cette entente.

Le Syndicat national de l'amiante possède encore son siège social à Asbestos. «Nous poursuivons nos activités grâce à l'appui de la CSD et de son président François Vaudreuil. Notre dossier principal et privilégié est celui de l'obtention de compensations pour nos ex-travailleurs âgés», indique Marcel Bachand.

Même combat à Thetford Mines

À Thetford Mines, ce sont les entreprises minières qui ont fermé une à une, laissant plusieurs de leurs travailleurs à court de ressources. La situation est différente, mais le même combat se poursuit.

Gaëtan Mercier de Sherbrooke a travaillé dans le monde minier pendant 43 ans à Thetford Mines. «Je trouve déplorable et anormal que les travailleurs dans ce dossier soient ignorés. Le gouvernement du Parti québécois a sciemment mis fin à l'industrie de l'amiante en enlevant le pain et le beurre des travailleurs d'Asbestos et de ceux de Thetford Mines, en ne les compensant d'aucune façon. Je suis un de ceux qui ont été touchés par ces fermetures. On se retrouve au chômage et en plus avec rien pour le futur.»

Il rappelle que lors de la dernière campagne électorale, Philippe Couillard s'était rendu visiter les régions de Thetford-Mines et d'Asbestos. Il s'était engagé à soutenir les travailleurs miniers des deux villes. Mais qu'en est-il de ses promesses faites devant les médias? Les travailleurs demeureront-ils dans une zone grise, auront-ils des revenus en guise de compensation?», s'interroge-t-il.

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