Austérité budgétaire : des ménages sensibles aux contrecoups

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Les contrecoups des mauvaises nouvelles économiques des dernières semaines pourraient se faire sentir plus rapidement que lors de la récession de 2008.

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(SHERBROOKE) Les contrecoups des mauvaises nouvelles économiques des dernières semaines pourraient se faire sentir plus rapidement que lors de la récession de 2008. C'est l'opinion que formule Sylvie Bonin, de l'ACEF Estrie, quand on lui demande de commenter l'actualité des dernières semaines qui a été teintée par l'austérité budgétaire.

Toutes les hausses de frais et de taxes feront davantage mal, prévient-elle. «Avec toutes les augmentations dont doivent faire face les consommateurs, il vient difficile de couper les extras comme les soupers au restaurant quand tu n'y vas déjà pas.»

«Plusieurs les ont coupés depuis longtemps. Il y a toujours de nouvelles hausses, mais les salaires ne suivent pas.»

Avec toutes les majorations des frais annoncés et celles à venir, comme ceux des garderies, des taxes scolaires et municipales, il convient de se questionner sur les conséquences à venir.

Mme Bonin en a surtout contre les augmentations des tarifs d'électricité. Les ménages s'endettent pour se chauffer et s'éclairer. « Souvent, c'est la carte de crédit qui gonfle. Les gens vont trouver cette solution en attendant. Mais il faut la payer un jour la carte de crédit. Les taux intérêts sont importants.»

«En 2008, les effets se font fait sentir graduellement. Mais aujourd'hui, les gens ont peu de marge de manoeuvre. Il se peut que les contrecoups surviennent rapidement.»

Pour Pierre Guay, syndic oeuvrant à Sherbrooke, il est difficile de faire un lien direct entre les cas de faillite qui arrivent sur son bureau et les difficultés économiques et les diverses hausses de tarifs annoncées récemment.

«Les augmentations de tarifs peuvent avoir un effet sur le portefeuille des gens. Ça peut avoir un impact sur le commerce au détail et la vente de produits de luxe. C'est là que les commerces peuvent s'en ressentir», analyse-t-il.

«Est-ce que c'est ça qui peut expliquer, par exemple, la fermeture des restaurants à Sherbrooke au cours des derniers mois? Ce n'est pas facile d'arriver à cette conclusion. Ce qui est certain, c'est que les hausses de frais ne sont pas toujours compensées par l'augmentation des revenus.»

Il sera difficile de procéder à la réingénierie de l'État, comme le visait Jean Charest en 2003, sans créer un tollé dans la population. Il faut viser les structures et non les services, intervient Sylvain Gilbert, un expert en fiscalité de la firme Raymond Chabot Grant Thornton. «Par exemple, on peut couper les CLD, mais le financement, c'est une autre histoire», analyse-t-il.

«C'est le temps de payer la carte de crédit. Il n'y a pas un parti politique qui va assainir les finances publiques et se faire aimer. Le gouvernement actuel veut faire avancer les choses. On doit comme société arrêter de repousser plus loin notre remboursement. Le problème avec toutes les structures qui ont été mises en place dans le passé c'est que le financement n'a pas été prévu.»

Plusieurs «ballons» ont été lancés depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir. Les gens s'emballent rapidement en entendant qu'un tarif qui les touche pourrait être augmenté, souligne-t-il.

«C'est jamais dans ma cour. Il n'y a pas beaucoup de place où tu peux couper sans que la population réagisse.»

«Il faut envoyer un message clair que le party est fini.»

M. Gilbert parle d'un recul quand il est question de moduler les frais de garderie selon les revenus des parents. La mise en place des CPE a grandement aidé à amener les femmes sur le marché du travail.

«Je crois que la population était prête à voir passer les tarifs de 7 à 10 $ par jour», note-t-il.

S'il avait à choisir entre une augmentation de 1 % d'impôt ou 1 % de la TVQ, M. Gilbert opterait pour une hausse de la taxe de vente québécoise. «Quand les gens doivent faire un chèque au gouvernement pour les impôts, ça les choque. Mais quand ils payent un pour cent de plus sur une auto, ils ont quand même le sentiment d'avoir un pouvoir sur leur argent. Tu as toujours la possibilité d'acheter une voiture moins dispendieuse pour compenser.»

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